Petite escapade dans l’ouest turc

Posted: April 27th, 2009 | Author: Alex | Filed under: 02 - Turquie | | 1 Comment »

2009_04_16 Ayvalick-001.jpg

Le voyage allait aujourd’hui vraiment commencer. Il était temps de sortir la belle de sa dormance du week-end. Une fois chargée avec tout mon attirail du parfait aventurier à tendance légèrement gadgetophile, je pris la route en direction du détroit des Dardanelles. La sortie d’Istanbul est assez agréable le long du Bosphore et de la mer de Marmara. Après avoir dépassé l’aéroport à l’ouest de la ville, la route quitte malheureusement la côte pour devenir une triste deux voies toute rectiligne traversant des enchaînement de zones industrielles. Les pancartes et autres logos publicitaires disparaissent enfin après une centaine de kilomètres et la route revient caresser la côte. A Tekirdag, je m’offre une petite pause dans une brasserie turque pour déjeuner. A ma grande surprise, un de serveurs parle un français (presque) parfait. Ce dernier avait passé quelques années en France à travailler dans la restauration et était revenu au pays pour reprendre le business familial, ici à Tekirdag. A la fin du repas, il m’apporte un dessert dont j’ai malheureusement oublié le nom, qui serait une spécialité du coin. Une sorte de fromage sucré légèrement anisé. Pas désagréable mais rapidement écœurant. La portion était généreuse et devant l’enthousiasme de mon hôte, je me forçai un peu pour finir l’assiette… 

De retour sur la route, j’avais décidé de traverser le parc national du Tekir Dagi. Ma carte IGN me laissait penser qu’une route secondaire me permettrait d’en ressortir plus à l’ouest au niveau du bled de Sarkoy (qui envisagerait soit dit en passant de légèrement modifier son nom pour accroître son tourisme…) et rejoindre la route principale. Malgré le temps nuageux, le parc était magnifique avec au nord des successions de collines jusqu’à l’horizon et au sud de menaçantes falaises d’argile le long de la mer. La route par contre s’est révélée être un simple chemin de terre quelque peu cabossé, une raison de plus pour ralentir l’allure et profiter du paysage. Pour une petite idée, voici une petite vidéo qui malheureusement ne parvient pas à recréer cette belle sensation.

 


SoliraidAsia_003_IsiketDagi
envoyé par soliraidasia

Une cinquantaine de kilomètres plus tard, la pluie se mit à tomber. J’atteins enfin le ville de Gallipoli à l’embouchure nord du détroit des Dardanelles sur la presqu’ile. Devant l’absence de charme du lieux, je décide de pousser un peu plus loin et d’aller chercher le gîte au village d’Eceabat, quelques kilomètres plus avant le long de la côte. Après avoir évité un camion parti en dérapage juste à l’entrée de la ville (…), je me mets à la recherche de l’hôtel Crowed House, vivement recommandé par mon Lonely. Je tombe sur ce dernier au fond d’une petite ruelle peu engageante. J’y suis accueilli par un gérant boiteux, aux airs d’Edouard Baer avec sa coupe en pétard et sa petite veste en cuir. Malgré son nom, le lieu était totalement vide, à l’exception d’un couple d’australiens et de la bande d’amis (ou hommes de main…) du gérant qui semblaient passer leur journée sur internet usant du wifi de l’hôtel.

Après une bonne nuit et un petit déjeuner turc (fromage, tomate, concombre, olive, thé, pain, beurre et miel), je consacrai la matinée à la découverte du site historique de la bataille des Dardanelles. Livrée en 1915 au cours de la première guerre mondiale, cette bataille a vu l’armée de l’empire ottoman tenir tête aux armées britanniques, australo-néozélandaise et française pendant plus de 8 mois. La presqu’île de Gallipoli a servi de théâtre d’opérations et également de dernière demeure pour plus 130.000 soldats, dont plus des 2/3 aux ordres du Sultan. A l’origine de ce qui apparu à l’époque comme un grand succès militaire pour une armée réputée en total déchéance, on trouve un certain Mustafa Kemal, alors jeune Lieutenant. Ce dernier allait devenir le fameux Atatürk, père de la république de Turquie, dont la légende commença ici, à Gallipoli. Le site ressemble un peu à nos plages de Normandie, avec ses plages, ses cimetières militaires, ses monuments aux morts et ses cars de touristes, majoritairement turcs mais également australiens. Pour ces derniers, cette bataille revêt encore aujourd’hui une importance toute symbolique dans leur culture, bien évidement militaire mais également au-delà. Le 25 avril, jour du débarquement des « Anzacs » au Cap Tekke, est devenu un jour férié en Australie, en hommage à la bravoure des ces hommes tombés sous les balles turques.

2009_04_16 Ayvalick-003.jpg Sur la route, au nord de la presque-ile, je croise une pancarte m’indiquant la présence d’un cimetière militaire français. Il s’agit du cimetière de Seddulbahir où sont enterrés tous nos valeureux soldats morts au combat sur ces vertes prairies. Curieux, je décide d’y jeter un œil. Le site, posé à flanc de colline, est totalement désert. Il présente une succession de croix métalliques noires, toutes parfaitement alignées en rangés et colonnes, sur lesquelles a été posé en leur centre une fine plaque métallique portant le nom des défunts. Quelques buissons proprement taillés viennent égayer le site. Au sommet, un monument aux morts coiffé d’une obélisque couleur craie trône sur ce lieu. Par ce temps clair, il s’y dégage une certaine sérénité, comme celle que l’on ressent en voyant les premières éclaircies à l’horizon après une tempête. En remontant les allées de ce carré français, mon regard parcourt les noms gravés sur les plaques. On y trouve des Leroy, Foucaud, Le Poing, Barthe, mais aussi Quillichini, un corse probablement, Diggo Diouf, Fana Koulibali, Tatouma Taraoré et autres nombreux noms à consonance africaine, tous « Mort(s) pour la France ». Je me fis la réflexion que dans l’esprit d’un jeune homme de ma génération, la France de 1914 n’apparait pas nécessairement aussi cosmopolite qu’elle l’était à l’époque. C’est à n’en pas douter un grand tort. Il est impératif de se souvenir du sacrifices de ces hommes qui doivent prendre toute leur juste place dans le schéma identitaire français.

En redescendant, je croise un jardinier que je n’avais pas entendu approcher, probable responsable de ce beau travail de jardinage. Souhaitant le féliciter, je m’approche de lui et le salue d’un tout naturel «  Meraba ». D’un signe de la main, j’essaye de lui faire comprendre que je trouve son travail très réussi. «  Guzel, guzel  » lui dis-je, en espérant que ne pas avoir, par une maladroite prononciation, involontairement insulter toute sa famille… Fort heureusement, il me rétorqua d’un grand sourire, «  Techeckurederim  » (Merci) et m’explique en turc, aidé de quelques gestes de la main, que le 25 avril prochain se tient une cérémonie du souvenir avec l’ambassadeur et les consuls d’Istanbul et d’Ankara accompagnés de trois cars entiers. A l’évidence, ma compréhension du turc progresse à grands pas…

En m’éloignant du cimetière au guidon de ma moto, j’avais une dernière pensée pour tous ces hommes morts si loin de chez eux et réalisais le privilège que nous avions à n’avoir jamais eu à devoir revêtir l’uniforme pour défendre notre territoire, nos valeurs, ou encore notre mode de vie. Pourvu que ça dure…

Il était temps pour moi de traverser le détroit. De retour à Eceabat, j’embarquai sur une barge qui effectuait la traversée entre Eceabat et Canakkale, de l’autre côté du détroit. A bord, je rencontra un couple de motards néerlandais qui avaient eu la bonne idée de se faire un petit périple jusqu’à Katmandou… très original me direz-vous. Monsieur, Sander de son prénom, un bon gros bébé de 33 ans, 100 kilos et 1m90 est au guidon d’une vieille (et méritante…) BMW GS, l’arrière grand-mère de la mienne. Trouvant le pari d’entreprendre un tel voyage avec un telle moto assez osé, je lui demande s’il a des talents de mécano. Pas vraiment me dit-il mais il me précise que le moteur et toute la transmission sont neufs et que plus de 7.000 euros ont été engagés pour cette rénovation. Au moins, il peut être sûr d’une chose, ce ne sera pas l’électronique qui pourra le lâcher. Peut être était-ce le bon choix… Mademoiselle, Jolyn de son prénom, petite brune charnue aux yeux bleus de 28 ans, conduit une petite moto de 250 cm3, sur laquelle a été adapté un porte bidons placé juste au dessus de la roue arrière et qui supporte deux petits bidons de 4 litres chacun, histoire d’arriver péniblement à un total de 12 litres avec le réservoir de la moto. Tout cela pour assurer une autonomie théorique de 300 km. Par contre, le système exige que tous les 100 km, Monsieur, après avoir constaté que Mademoiselle avait disparu de son rétroviseur, fasse demi-tour et la retrouve avec son tuyau de réservoir à pompe (similaire à celui que l’on trouve pour les moteurs des vieux zodiac, pour ceux qui connaissent…) et procède au transfert d’un des réservoirs latéraux vers le réservoir principal. Toute une affaire, à présent bien rodée comme j’ai pu le constater quelques kilomètres après notre débarquement à Canakkale. Nous nous étions rapidement mis d’accord pour faire un petit bout de chemin ensemble. Nous nous étions fixés comme d’objectif d’atteindre Ayvalik, petit port de pêche de près de 30,000 âmes situé juste en face de l’ile Lesbos. Je pris la tête du convoi, direction le Sud. A mi-chemin, sur une route vallonnée et pleine de virages, Jolyn disparu de nos rétroviseurs. Rien d’inquiétant à première vue, probablement une simple panne sèche. Malheureusement, nous venions de réaliser le plein de trois motos à une station service quelques kilomètres auparavant. Ainsi, en faisant demi-tour, je fus pris d’une certaine inquiétude. Sander, craignant le pire, s’empressa de rebrousser chemin, violantant quelque peu la mécanique. Quelques virages plus loin, on retrouva Jolyn debout, à première vue en un seul morceau, à côté de sa moto posée sur sa béquille au bord de la route. Son pneu arrière venait de crever… petit soulagement.

2009_04_16 Ayvalick-010.jpg Pendant que nous réparions le pneu malade sur le bord de la route, de nombreux camionneurs et motards, d’un coup de klaxon, s’enquérissaient de savoir si nous avions besoin de leur aide. Sympas ces Turcs. La réparation fut rondement menée en moins d’une heure, principalement par Sander qui fit usage pour la première fois de sa vie de son kit de réparation. Le sort voulu que cela soit la dernière roue de notre équipage qui accrocha ce clou. Belle ironie. De mon côté, j’espérai au fond de moi que cela serait la seule crevaison à laquelle j’aurai à faire pendant ce voyage. Sur cette petite 250cm3, la réparation, qui exige le démontage de la roue et du pneu, demande déjà son lot de muscles et d’efforts. Sur ma grosse 1200cm3, comme me l’a dit un des mécano de BMW, «  vaut mieux même pas essayer » … Ma bonne étoile a encore du boulot…

Arrivés à Ayvalick à l’heure où le soleil sombrait dans la mer Égée, nous nous empressâmes de partir à la recherche d’Annette, ancienne institutrice allemande à la retraite qui avait ouvert depuis plusieurs années une petite pansion dans ce petit port de pêche, vivement conseillée par le Lonely. Tous les locaux que nous interrogions avaient entendu parler de cette femme allemande, installée depuis 5, 10, 15 voire 20 ans selon les uns ou les autres (finalement, ce fut 25 ans d’après l’intéressée), mais aucun ne savait exactement où elle habitait. Heureusement, un charmant monsieur, tenancier d’une boutique de casseroles, passa un coup de fil à l’un de ses amis susceptible de nous aider. Ce dernier se présenta à la boutique et nous conduisit, nous et nos motos, à travers le labyrinthe de petites ruelles qui forment le vieux centre d’Ayvalick. Arrivés sur une petite cour au parterre pavé et irrégulier, et dominée sur un de ses côtés par une belle demeure à la façade blanche, notre guide nous fit comprendre qu’Annette habitait là.

2009_04_16 Ayvalick-035.jpg Après une bonne petite nuit dans un lit aux dimensions généreuses, je retrouvais Sander, Jolyn et la fameuse Annette pour le petit déjeuner. La veille nous avions décidé de nous offrir une petite journée reposante et de profiter de l’ambiance de ce petit port de pêche en déambulant dans son centre. Ce jeudi était jour de marché, le plus grand région, avec des étalages impressionnants de fruits, légumes, épices et autres denrées en tous genres. Qu’il était agréable de s’y balader, d’y sentir toutes les odeurs, d’y admirer toute cette profusion de couleurs. A notre contact, les locaux se sont révélés très chaleureux, probablement peu accoutumés à la présence de touristes, majoritairement concentrés sur la côte méditerranéenne. En se baladant, on croisait d’innombrable chats, profitant probablement d’une vie paisible à se partager tout les invendus de poisson fraichement pêchés dans la journée. 2009_04_16 Ayvalick-025.jpg  

Le soir, on se rendit pour diner dans un restaurant de poissons sur le port. Sur le menu, aucun prix, une seule inscription : « Le prix des poissons est négociable »… Le serveur nous invita à venir choisir notre poisson parmi un étalage fraichement pêché dans la journée. On pointa du doigt deux belles dorades que le serveur mit dans sur la balance : 2 kilos. Le serveur annonça le prix: 90 lires turcs. Un peu surpris, je décidai d’aller jeter un œil sur mon Lonely pour y retrouver les commentaires au sujet des prix des poissons ici à Ayvalick. Tarif conseillé, 15 lires les 500 grammes. A l’évidence, ce serveur nous prend pour des bleus. Avant que je puisse retourner à la table des négociations, Sander me retrouva et m’annonça fièrement : « Don’t worry, I got it at eighty ! »… Ce poisson avait intérêt à être bon… Charnu et délicieusement servi grillé avec un peu de citron et de l’huile de olive, j’en ai presque oublié nos malheureuses négociations.

Au final, ce fut une délicieuse journée.

Le lendemain matin, départ toujours vers le sud pour une dernière étape sur la côte égéenne avec la visite d’Efes avant une plongée en Anatolie centrale.

2009_04_16 Ayvalick-050.jpg

Ps: Je sais que certains m’ont envoyé des sms. Si je ne vous ai pas répondu, c’est tout simplement que je n’ai pas pris de téléphone portable avec moi…

Ps2: Cela fait quelques jours que le compteur des dons n’a pas bougé, donc svp à votre bon cœur.

 


Week-end stambouliote

Posted: April 22nd, 2009 | Author: Alex | Filed under: 02 - Turquie | | Comments Off

2009_04_11 - 002.jpg

Mon arrivée s’est révélée pleine de surprises. La première : par je ne sais quel miracle, je suis arrivé sans aucune difficulté à l’aéroport d’Istanbul au moment précis où Cécile, qui venait me rejoindre pour un petit week-end de Pâcques stambouliote, passait le portique des arrivées – magnifique timing et heureuses retrouvailles. La seconde : alors que je pensais avoir un souvenir assez précis de l’organisation de la ville – sur lequel je comptais pour trouver sans mal le quartier de Sultanahmet dans lequel Cécile avait dégoté un sympathique petit hôtel – il m’aura bien fallu deux bonnes heures d’errance dans le dédale vallonné de ruelles d’Istanbul pour atteindre ce qui allait devenir à mes yeux une véritable délivrance. Avec près 1000 km dans les pattes et une moto de près 300 kilos qui semblait prendre un kilo supplémentaire à chaque mauvais choix de ruelles, quand Cécile, déposée à l’hôtel depuis une bonne heure déjà par son taxi, apparut devant moi, un délicieux soulagement m’envahit… Troisième surprise: l’hôtel, ou plus exactement la chambre. Charmante, douillette, propre, presque cosy avec ses murs d’une teinte orangé pastelle, elle apparaissait comme la copie conforme des photos publiées sur le site de l’hôtel, à un détail près… nous étions logés au sous-sol, en contre-bas de la rue, avec une magnifique vue sur les chaussures des passants… Ça change de la classique vue sur le Bosphore… Enfin, à ce moment précis, tout cela n’avait que peu d’importance., j’avais retrouvé Cécile et je pouvais enfin me coucher.

2009_04_11 - 004.jpg Le week-end qui s’en suivit fut très agréable. Un programme assez classique, un soupçon ambitieux, concocté par Cécile nous conduit à (re)découvrir la mosquée bleue, Aya Sofia, Topkapi, nous perdre dans le grand bazar, décrasser nos souvenirs des différents passages du nouveau testament devant les fresques et mosaïques byzantine de l’église Saint-Sauveur, se balader dans le quartier universitaire, s’offrir une traversée sur le Bosphore à bord d’un de ces fameux vapur, etc. En extra, nous avons même eu droit au passage du tour cycliste de Turquie, belle ironie pour moi qui n’ai jamais vu le tour de France…

Lors d’une petite pause gourmande dans une baklavaci chaudement recommandée par le Lonely, au sud du quartier universitaire, nous pûmes expérimenter la fameuse hospitalité des turcs. Nous nous étions offert un petit panaché de baklavas, à savoir un fistikli baklava (un classique à la pistache), cevizli dolama (aux noix), fistikli halep (également à la pistache) que nous nous partagions attablés dans la petite échoppe. Arriva un groupe de 4 turcs d’une quarantaine d’années qui vient s’assoir à la table accolée à la notre. Celui à la moustache finement peignée adressa quelques mots de sa place à l’un des garons derrière le comptoir. Ce dernier leur apporta alors une bonne portion d’ekmek kadayifi, sorte de pain brioché totalement imbibé de sirop, et accompagné de son kaymac, similaire à une crème fouettée. Devant notre air interrogatif, le même homme à la moustache demanda à ce qu’on lui apporte une assiette et nous servit une belle portion de ce dessert classique de la région. Quelque peu gênés mais reconnaissants, on remercia ces messieurs en usant les quelques mots de turque fraichement appris. Le moustachu en profita pour nous adresser quelques questions en turc. D’un sourire légèrement gêné, on fit comprendre que notre connaissance du turque en était encore à ses balbutiements. Ce petit épisode amusa bien évidement toute la boutique. En partant, on salua chaleureusement nos généreux donateurs. J’étais heureux d’avoir ainsi retrouver cette générosité turque expérimentée trois ans plutôt au cours de mon périple au kurdistan et comptais bien à en continuer la découverte au cours de mon périple anatolien.

2009_04_12 - 011.jpg Istanbul fut l’occasion pour moi d’effectuer quelques derniers achats : un porte savon, introuvable à Paris et trouvé ici à Istambul dans un des nombreux surplus militaire, des piles – on en a jamais assez – et des pilules de compliments nutritionnels. Ces dernières, découvertes grâce à mon ami Mathias au cours de notre excursion indienne l’été dernier où ce dernier en avait pris une boite… juste pour lui – il faut dire qu’il avait peut être plus besoin que moi à ce moment là – me paraissaient comme un achat assez judicieux. Avant cette expérience, je n’avais jamais pris conscience des carences nutritives qu’un tel voyage pouvait causer. Enfin, me voilà alors tout équipé en Vitamines & Cos pour deux mois.

Sur le parking où j’avais stationné mon infatigable compagnon de voyage, on fit la rencontre de Lutz, un routard allemand d’une quarantaine d’années avec un Land Rover, totalement aménagé et équipé pour bourlinguer autour du monde. Autour d’un narguilé au pied de la mosquée bleue, il nous expliqua qu’il commençait alors un long voyage qui n’avait pour l’instant aucune date de fin et pas vraiment d’itinéraire. Par le passé, il avait déjà entrepris de tel voyage à sac à dos ou à moto mais à chaque fois, il avait frustré par la date de retour qu’il était contraint de respecter. Cette fois-ci, il avait fait en sorte de ne plus avoir à se préoccuper d’un tel détail et pouvait alors déambuler à travers le monde en toute liberté…

Après trois jours de douceur à Istanbul, il était temps pour Cécile de reprendre l’avion et pour moi de préparer la prochaine étape. Après un dernier baiser in extremis devant le guichet des douaniers, Cécile s’envola vers Paris. Sur la route du retour de l’aéroport qui longe le Bosphore, je prenais petit à petit conscience que la voyage allait à présent vraiment commencer. La soirée fut consacré à préparer l’itinéraire du lendemain – finalement, j’optai pour le détroit des Dardanelles et la presqu’ile de Gallipoli par la route longeant la côte marmarienne – et à m’offrir une nouvelle coupe… que vous découvrirez dans le prochain billet.

PS: comme vous l’avez peut être lu, Danny Boyle a offert 567 350 Euros à Plan pour les enfants des quartiers défavorisés de Bombay. Que cela ne décourage pas ceux qui envisageaient d’apporter également leur contribution financière à Plan, certes plus petite… Il faut le prendre comme un nouveau témoignage de l’importance et de l’efficacité de l’action de Plan dans des pays tel que l’Inde. Un grand merci à tous ceux qui ont déjà donné. 1/5 de l’objectif a déjà été atteint, c’est très encourageant pour la suite. Sincèrement, merci.


Paris-Istambul Express

Posted: April 16th, 2009 | Author: Alex | Filed under: 01 - Europe | | Comments Off

Après des heures à étudier les cartes, les itinéraires, à préparer tous les visas, le carnet de passage en douane, l’équipement et la moto, me voilà enfin en route. Les dernières embrassades avec famille et amis aux pieds du Trocadéro à Paris ce matin du 6 avril avaient quelque peu des allures de départ au front. J’avais l’impression d’être tel un de ces appelés en 14 dont la mère sert fort entre ses bras ce fils qu’elle craint de ne jamais revoir. Forte heureusement, mon voyage se veut bien plus pacifique et mes rencontres seront j’en suis sûr bien plus amicales. Mon expédition le long de la route de la soie portera sûrement son lot d’embuches mais je sais que je peux compter sur cette solidarité qui existe dans ces régions où la terre est encore un espace inhospitalier pour l’homme.

2009_04_13-002.jpg Me voilà donc parti en direction de Munich, première étape de ce long voyage. N’étant pas un grand fan des longues section d’autoroute, j’ai prévu de profiter de mon passage par le Grand-duché de Bade pour faire un petit détour dans le massif montagneux de la Forêt Noire. Celle-ci recèle de magnifiques petites routes creusées tel le lit d’une rivière au fond d’une dense et haute forêt d’épicéas. Un véritable ravissement pour les yeux et pour le pilote avec de nombreux enchainements de petits virages. La conduite dans ce genre de terrain peut toutefois se révéler assez malicieuse en ce mois d’avril car avec l’altitude (env. 1000 m), il peut encore exister quelques petites plaques de verglas sur des parties ombragées. Enfin, le jeu en valait bien la chandelle.

A Munich, je fus hébergé par mes amis Caroline et Cord qui me firent découvrir les traditionnels et charmants BeerGarten. Toutefois, le véritable objectif de mon étape munichoise n’était pas cette heureuse découverte des plaisirs culinaires germaniques mais un stage de perfectionnement de pilotage Enduro à Hechlingen. Deux jours de formation intensive dans un magnifique espace aménagé afin de (re)prendre quelques bons réflexes et de se rappeler les quelques techniques de pilotage et même quelques lois de la physique qu’une conduite principalement urbaine peut avoir tendance à faire oublier. Pour une petite idée du stage, quoi de mieux qu’une petite vidéo.


SoliraidAsia_001_Hechlingen
par soliraidasia

Après la deuxième journée de formation, soit mercredi vers 16h30, je pris la route direction Lugano, en Suisse, où j’étais attendu par Claire et Massimo pour diner. Malheureusement, j’avais été quelque peu optimiste sur l’itinéraire et après avoir traversé deux frontières, ce n’est que vers 22h30 que je pus ôter le casque…

Après une courte nuit, je repris la route dès le lendemain matin en direction d’Ancona, où je devais embarqué pour la Grèce. Encore une fois, je décidai de profiter de mon passage pour faire un deuxième petit détour sur mon itinéraire par le lac de Come, le “plus beau site du monde” pour un certain Stendhal. La route le long de sa rive ouest, entre Menaggio et Cernobbio, traverse de nombreux petits villages à l’ambiance bucolique et offre un magnifique panorama sur le lac. Un grand moment de plaisir.

2009_04_13-012.jpg Arrivé juste à l’heure à Ancona pour embarquer sur le ferry pour Igoumenista, je profitai de la traversée pour recharger les batteries, la journée du lendemain s’annonçant encore riche en kilomètres.

Débarqué de bon matin sur le port d’Igoumenitsa, je pris la route directement en direction de Ioannina à 95km. Une heure plus tard, me voilà poser sur une sympathique petite terrasse lounge en face du lac Pamvotis en train de déguster un délicieux “café frappé”. Ainsi requinqué, il était temps de se mettre en route. L’itinéraire pour la journée prévoyait plus de 900 km avec une très scénique mais hasardeuse traversée de la chaine de montagnes du Pidée. En attendant la construction d’une belle et grande autoroute, la route entre Ioannina et Kozani est toujours empruntée par de nombreux camions de marchandises. Le passage répété de leurs roues sur le bitume chauffé par le soleil provoque la création de “flaques” totalement lisses et glissantes dans les virages. J’étais alors particulièrement content d’avoir changé mes pneus juste avant le départ. Mes nouveaux Tourance fournis par Metzeler devraient m’assurer un bon feeling et un bon grip. Voilà une petite vidéo de ce sympathique paysage, principalement à l’intention des fans de virages…


SoliraidAsia_002_Grece
par soliraidasia

Après ce passage montagneux, la route pour Istambul est assez directe, juste entrecoupée par le passage de la frontière helvético-turque. Du côté turque, ce passage est une succession de tampons, vérification de papiers et autres aller-retours entre différents bureaux avant que la dernière barrière s’ouvre, toute la procédure prenant somme toute une bonne heure…

Enfin repartis, les derniers 200 km en direction d’Istambul longent la côte avec la mer de Marmara reflétant ce soir là une somptueuse pleine lune pourpre. Me voilà donc arrivé aux portes de l’Orient.

Ps: comme vous l’aurez peut être remarqué, j’ai quelques difficultés avec la carte… le problème est en cours de résolution. Du moins, j’y travaille… 

Ps2: encore un grand merci pour tous vos messages, je vous réponds très vite.


Le départ

Posted: April 10th, 2009 | Author: Alex | Filed under: 01 - Europe | | Comments Off

Ca y est, l’oiseau s’est envolé… 

2009_04_06-depart-1-sur-1.jpg

Avant tout, je dois vous dire une chose : Merci ! merci pour tous vos messages d’encouragement, de soutien et merci d’être venus si nombreux dimanche dernier, cela m’a profondément touché. Avec tous ces témoignages d’affection, j’en suis presque devenu impatient de rentrer…

Et à tous ceux auxquels je n’ai pas encore le temps de répondre, promis, dès que j’arrive à me poser, je reviens vers vous.

Pour l’instant, c’est encore un peu la course jusqu’à Istambul, mais dès la semaine prochaine, je serai en mesure de tenir plus à jour le site.

En attendant, les photos du brunch.