Et pour conclure la Turquie

Posted: May 26th, 2009 | Author: Alex | Filed under: 02 - Turquie | | 1 Comment »

voici trois petites vidéos :

La route avec mes deux amis hollandais, Sanders et Jolyn :


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envoyé par soliraidasia

Petite échappée en Cappadoce :


SoliraidAsia_005_Cappadocia
envoyé par soliraidasia

La révision de la moto à Adana:


SoliraidAsia_004_Revision
envoyé par soliraidasia
Très bientôt les photos de l’Iran.
A suivre…
Ps: Encore merci pour tous vos messages. Je vous répond asap.


Traversée du Kurdistan turc – part II

Posted: May 20th, 2009 | Author: Alex | Filed under: 02 - Turquie | | Comments Off

Me voilà donc dans ce petit village de Cilgit. L’étouffante lumière qui avait inondé la vallée toute la journée avait déjà laissé sa place à une inquiétante obscurité. A la seule lumière des mes phares, je découvrais les quelques baraques qui forment ce petit village à fond de vallon en plein cœur du Kurdistan turc. Pas une ombre, pas une silhouette à l’horizon. Seules quelques fenêtres éclairées laissent entrevoir quelques signes de vie. Je m’arrêtai devant ce qui semblait être la seule épicerie du coin. Je trouvai celle-ci malheureusement fermée mais une lumière au fond de la boutique me fit espérer quelqu’un s’y trouvait encore. Malgré plusieurs coups sur la porte, personne ne daigna apparaître. En me retournant, je vis un jeune homme en train d’admirer ma moto. Mais d’où était-il sorti ? La trentaine, le regard franc, les yeux noirs, une courte barbe bien dessinée, portant un pull jacquard sans manche au-dessus d’une chemise blanche rentrée dans un sarouel couleur sable, le garçon avait une certaine allure. Je m’approchai de lui et commençai une tentative de communication. Le garçon ne parlait bien évidement pas anglais. Avec mes quelques connaissances de turc et aidés de nombreux gestes des mains que seuls les italiens maitrisent, je lui expliquai que je cherchais un endroit où dormir car je n’avais plus le droit de rouler. A ma demande de savoir s’il y avait (par le plus grand des hasards) un hôtel ici, il me répondu d’un haussement des sourcils accompagnés d’un bref mouvement des yeux vers le ciel. Si cette façon très orientale d’exprimer le « non » peut nous apparaître à nous occidentaux comme irrespectueuse, je la trouve en réalité bien plus élégante que notre rotation du visage de gauche à droite et tout de même plus compréhensible que le hochement de tête latérale des indiens. Finalement, le garçon me fit signe de le suivre jusqu’à chez lui… Voilà comment pour la première fois de ma vie, je me suis retrouvé héberger gracieusement par un habitant. Quel souvenir et en même temps quelle leçon de vie !

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Le garçon habitait avec toute sa famille, i.e. ses deux femmes, ses six enfants, ses deux frères (et leur famille), ses deux sœurs (en attente de mariage) et leur mère dans une maison de deux étages à la décoration très rudimentaire. Il m’emmène dans la salle à vivre, c’est à dire la salle télé. Tout semble s’y passer. La télé y trône royalement dans un des coins. Une photo imprimée du père défunt y ait posé, donnant à l’ensemble un air de mémorial. De larges tapis recouvrent toute la pièce. Tout autour des murs, des matelas posés à même le sol constituent avec quelques coussins le reste de l’ameublement. On m’y assoit sur la place d’honneur, en face de la télé. Les femmes se regroupent ensemble dans un coin tandis que les hommes viennent m’entourer. De quelques signes de la main, on me demande si j’ai mangé. Un peu gêné, j’explique, toujours avec mes mains, que je pourrais volontiers manger un peu de pain. Mon hôte demande alors à ses femmes d’aller me préparer quelques choses. Elles reviennent cinq minutes plus tard avec du pain, mais également une sorte de ragout à la tomate et posent tout cela à mes pieds, malheureusement sans couverts. Me voilà donc en train d’essayer de manger un délicieux ragout à l’aide de ma seule main droite devant un public très attentif. Avec de grands sourires, malgré ma bouche pleine, je tente d’exprimer toute ma satisfaction et ma gratitude, auquel mon hôte, toujours très calme et posé, répond d’un lent clignement des yeux approbateur. Une fois tout cela débarrassé, toujours et uniquement pas les femmes, nous avons tenté de discuter, utilisant pour cela mon petit calepin. Une véritable partie de pictionnary. Pour leur expliquer mon voyage, je décidai de sortir mon petit ordinateur. La scène qui s’en suivit fut assez touchante : derrière mon écran d’à peine 10 pouces, nous étions plus d’une quinzaine à admirer mes œuvres… Une fois le diaporama terminé, j’eus l’idée de lancer sur l’ordinateur la série de documentaires intitulée Planet Earth. Je m’étais dit que les images de ce magnifique documentaire animalier parleraient d’elles même et que les quelques dialogues n’avaient que peu d’importance. Nous étions toujours plus d’une quinzaine derrière l’écran, les jeunes enfants totalement émerveillés. Un peu comme dans un quizz, à chaque apparition d’un nouvel animal, les enfants s’empressaient de crier son nom, en turc mais également en kurde. Je leur donnai pour ma part la traduction en français, et en anglais quand je la connaissais. Tout cela était vraiment agréable et chaleureux. Après le deuxième épisode, il était l’heure de se coucher. Les femmes rangèrent les quelques coussins dérangés par les enfants et apportèrent deux grosses couvertures qu’elles posèrent sur deux matelas qu’elles avaient placées au centre de la pièce. Mon hôte me montra d’un signe lequel était mon lit et, après s’être changé, se glissa dans l’autre. J’en fis autant.

Le lendemain, après avoir chaleureusement remercié mon hôte et ses femmes et dit au revoir à tous les enfants, je repris la route avec l’espoir de passer la frontière iranienne avant l’heure du déjeuner. A chaque check-point que j’ai eu à traverser ce jour là, j’ai repensé à cette soirée. Quelle chance j’avais eu d’avoir rencontré cet homme et ainsi pu vivre cette expérience d’une autre époque. En toute honnêteté, à sa place, le/laquelle d’entre vous auriez proposé à un total inconnu en difficulté de l’héberger ? Très probablement, pas moi…

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Après le dernier check-point, la route vers la frontière sort de la gorge et traverse d’immenses prairies dominées par une imposante chaine de montagnes enneigées. Au final, la Turquie m’aura véritablement gâté en paysages. Ce pays, à l’identité complexe et tourmentée, en plein questionnement européen, mérite véritablement que l’on s’y attarde.  

Malheureusement, le passage de la frontière côté turc ne fut pas un exemple d’administration centralisée et organisée. Les entrepôts qui servent de bureaux aux malheureux fonctionnaires semblent avoir été laissés à l’abandon plusieurs années avant de reprendre du service sans que quelqu’un eut pris la peine de passer le balais. La sortie se transforme en une quête de bureaux et tampons totalement incompréhensible. Un des fonctionnaires, installé derrière un comptoir à la vitre littéralement explosée tenta d’enregistrer ma sortie sur l’ordinateur. Après avoir rentré toutes les informations, un message d’erreur apparaissait sur son écran. Sans rien changer, il retenta de cliquer sur le même bouton, provoquant le même message d’erreur. Énervé contre la machine, il recommença ainsi bien une trentaine de fois, l’ordinateur semblant être totalement insensible à sa stupide obstination. C’était affligeant. Finalement, il signa la page de mon passeport avec les tampons d’entrée et y posa un énième tampon. Il m’invita ensuite à trouver un certain Mokzad (selon mon souvenir…) pour faire ce qui l’a appelé «  the inspection  » de ma moto. Le fameux Mokzad était soi-disant dans un autre bâtiment, à 100 mètres à l’est duquel j’avais garé ma moto. Après 5 minutes à errer dans la zone, je tombai sur un groupe d’hommes, tranquillement posés à l’ombre d’un arbre, sur un banc. Je le demande s’ils savent où je peux trouver le bien nommé Mokzad. Il était là, assis sur le banc, avec une paire de Ray Ban sur le nez, à l’évidence pas surchargé. Je lui explique la raison de ma venue et lui tend mon passeport.

«  Where is the bike ? » me demanda-t-il ? Je lui montre du doigt la moto, toujours garée à plus de 100 mètres de là.

Après l’avoir aperçu, il se tourne vers moi et me dit «  Did you like Turkey ? »

« A lot ! » répondis-je, malgré mon léger agacement de tout ce cirque.

Souriant, il sortit un tampon de sa poche droite, un encrier de la gauche et me tamponna mon passeport. «  Have a nice trip !  ».

Au revoir magnifique Turquie !

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Traversée du kurdistan turc – part I

Posted: May 19th, 2009 | Author: Alex | Filed under: 02 - Turquie | | Comments Off

2009_04_30 Kurdistan 005.jpg En me réveillant dans ma séduisante petite chambre cachée sous les toits, je constatais avec regret que la nuit ne m’avait malheureusement pas apporté les réponses à mes questions d’itinéraire… Le débat était le suivant : la Turquie connait deux points de sortie vers l’Iran. Le premier, le plus utilisé, se situe à l’est de la ville de Van, au nord est de la Turquie. Le second, à Essender, est au sud-est du plateau anatolien. Dans l’absolue, j’avais une sérieuse préférence pour ce dernier car il supposait d’emprunter la route entre Sirnak et Hakkari, décrite comme une des plus belles routes du monde par un motard néozélandais en 1999 sur un forum de motards baroudeurs sur internet. Je pense que ce dernier n’imaginait probablement pas que 9 ans plus tard, son récit aller influencer les vagabondages d’un jeune français mais j’avais tendance à penser que le garçon, pour être arrivé jusque là, avait dû parcourir quelques milliers kilomètres et devait avoir un champ de comparables suffisant pour que je puisse accorder à son jugement une certaine valeur.

Un second argument en faveur de ce poste frontière était que j’avais déjà emprunté la route vers Van 3 ans auparavant. Certes, celle-ci est aussi une route magnifiquement scénique, entre lac et montagne, mais je préférerai justement laisser cet agréable souvenir intact. Les images du palais d’Ishak Pasa au coucher du soleil, à quelques kilomètres de la frontière, éveillent encore aujourd’hui dans mon esprit une rare sensation de divine majesté, qu’il était risqué d’essayer de retrouver.

Ainsi, toutes les raisons auraient poussé en faveur d’Essender si seulement la situation militaire de la région n’était venue interférer dans le débat. La ville d’Hakkari est le berceau du mouvement nationaliste kurde (i.e. PKK) et toute la région a servi de théâtre d’opération à la rébellion kurde dans les années 80 et 90. D’ailleurs, mon Lonely annonçait la fameuse route entre Sirnak et Hakkari comme étant fermé aux étrangers à l’époque de rédaction, soit en 2004. Depuis, la situation a connu quelques rebondissements, mais dans l’ensemble une sorte de stand-still règne dans la région, dont toutes les routes sont ponctuées par d’innombrables check-points où les jeunes Turcs les moins chanceux effectuent leur service militaire. Ces fameux check-points ne présentent aucun véritable danger pour un jeune touriste comme moi, mais ils rendent imprévisible les temps de parcours. Il m’était alors difficile de prévoir si les quelques 300 km entre Savur et la frontière iranienne pouvaient être fait d’une seule traite. Au pire, Hakkeri pouvait servir d’étape mais la description par le Lonely du seul hôtel de la ville m’incitait sérieusement à espérer le contraire…

Pour conclure, après un somptueux petit déjeuner servi par tous les enfants de notre hôte, je décidai de tenter la route vers Hakkari. Peut être celle-ci serait-elle toujours interdite aux touristes et tout mon questionnement serait alors vain, mais je me devais de le tenter.

Après avoir retraversé les agréables paysages de Provence rencontrés la veille, j’atteins rapidement la ville de Cizre. J’y croise un important convoi militaire d’une trentaine de camion tout terrain – peut être celui qui fera l’objet d’une attaque attribuée au PKK. A la sortie de la ville, je rate sans le savoir l’embranchement pour Hakkari et continue en direction du sud. Je rencontre alors rapidement le premier check point que je passe d’un simple salut au malheureux militaire en poste. Les choses s’annonçaient donc bien pensais-je alors à ce moment là. A l’entrée de la ville suivante, je m’arrêta dans une station service pour faire le plein. Comme souvent, j’y retrouve une poignée d’hommes dégustant tranquillement le thé confortablement installée à l’ombre de la toiture recouvrant la station. La vue de ma moto réveille alors quelque peu ces messieurs de leur torpeur et l’un d’eux à la gentillesse de m’inviter à partager quelques tasses de thé avec eux. En discutant, je réalise mon erreur de route et apprends que j’étais à présent à quelques tours de roue de la frontière irakienne. Si proche, il serait idiot de ne pas aller la voir pensais-je alors. En m’installant sur la moto pour repartir, je demande à mes hôtes où je pourrais trouver de quoi faire taire mon estomac que les quelques tasses de thé avaient finalement réveillé. Et voilà que je me vois généreusement offrir un déjeuner tout simple dans l’arrière salle de la station service. Ces Turcs ont vraiment l’hospitalité dans leurs gênes…

2009_04_30 Kurdistan 003.jpg Enfin reparti, j’avais repris la route toujours en direction du sud avec l’intention d’approcher la frontière de ce pays si symbolique. Je rencontre alors rapidement une interminable file de camion, tous arrêtés sur plus de 10 kilomètres. Totalement inimaginable pour nous, cette situation est pourtant le quotidien de ces hommes qui approvisionnent ce pays en pleine reconstruction. Naturellement, ces derniers ont su s’adapter et chacun possède sa petite chaise, voire une petite table, installée au bord de la route entre deux essieux, en attendant de redémarrer pour faire quelques mètres. En remontant cette succession infinie de camions, je suis finalement arrêté par un militaire turc au niveau d’un centre de contrôle militaire où chaque camion devait semble-t-il faire vérifier son chargement avant de continuer leur route vers le poste frontière, deux kilomètres plus loin. Le militaire me demande mes papiers avec un ton inutilement autoritaire auquel mes précédents contacts ne m’avaient pas du tout habitué. Constatant que je n’avais pas de visa irakien sur mon passeport, le militaire m’interroge sur les raisons de ma venue ici. Je commence à lui expliquer en anglais mon histoire mais rapidement, agacé de ne pas comprendre, il me coupe.

«  Visa, visa, visa !?!? » s’excite-il en me montrant mon passeport.

«  No visa  » lui répondis-je calmement mais quelque peu lassé par son énervement.

« Please, go back, no tourist here ! »

En remontant dans l’autre sens la longue file de camion, toujours aussi immobile, j’étais bien évidement déçu de ne pas avoir pu aller au terme de ma petite « expedition » . Je n’avais probablement pas raté grand chose et pouvais facilement comprendre que ma venue dans cette zone sensible ne soit pas la bienvenue mais tout de même…

En repassant devant la station service, mon petit groupe de fans m’adressa un salut amical, toujours posés sur leur chaise, un verre de thé à la main… à croire que c’est une profession ici.

De retour au check-point passé deux heures auparavant, je retrouvai une longue file de voitures qui semblaient passer au compte doute… Ca ne serait donc pas aussi facile que la première fois. Normalement, je me serais gentiment mis à la queue pour attendre mon tour. Mais c’est alors qu’un bus se mit juste devant à doubler toute la file. En bon parisien, je me suis collé derrière lui – s’il peut le faire, je dois pouvoir aussi, non ? Finalement, 10 secondes plus tard, le bus fût arrêté par une voiture de police qui, sortie de je en sais où, me fit signe également de m’arrêter alors que j’entreprenais maladroitement de dépasser ce fameux bus… Un agent s’approcha de moi, à l’évidence énervé par ce que je venais de faire – décidément, les gens sont tendus ici – et me postillonna quelques mots en turc à la figure. Avec sa main droite, il me fouetta légèrement le torse. J’en conclu qu’il voulait mes papiers. Je lui sors mon passeport. Il me l’arrache des mains, s’empresse de retourner dans sa voiture, démarre et décampe. J’étais toujours arrêté au milieu de la voie à contre-sens et réalisais que ce petit merdeux s’était enfuit avec mon sésame pour toutes les frontières. Que pouvais-je faire ? Je n’allais quand même pas me mettre à poursuivre une voiture de flic ? A la place, je repris la remonté de la file pour rejoindre le check-point. La moto posée sur sa béquille, je me dirige vers la petite cahute sur le bord de la route pour y trouver un militaire qui, avec un peu de chance, baragouinera quelques mots d’anglais et pourra m’expliquer ce qui s’est passé. Mais ma bonne étoile ce jour là ne s’était malheureusement pas encore levée. Les 3 militaires que je trouvai tranquillement assis ne captaient pas un mot d’anglais. Alors, dans un grand moment de solitude, j’entrepris de mimer la scène du vol de passeport… et miracle, l’un des 3 semblait avoir compris. Il passa un coup de fil qui dura deux petites minutes et m’invita à m’assoir avec eux pour attendre… quoi, je ne savais pas. Au point où j’en étais, je pris mon mal en patience et essayai de me calmer en dégustant le verre de Pepsi généreusement offert par ces 3 jeunes. Assez rapidement, la voiture du jelerevoisjeleclate réapparait – une clio avec coffre pour être précis – avec l’excité toujours à son volant et à l’arrière, un autre homme. Ce dernier, en costume, la quarantaine, la moustache mal taillée, la barbe de trois jours bien grasse, et une chemise blanche poisseuse qui semblait exercer un certain magnétisme pour les goutes de thé, attendait tranquillement que son chauffeur lui ouvre la porte. Voilà le petit chef, me dis-je. Apparu alors le conducteur du car que j’avais eu le malheur de suivre. Le flic qui m’avait arrêté pointa successivement le chauffeur du car, puis moi, tout en expliquant probablement nos chefs d’inculpation à son supérieur. Le petit chef, après avoir sermonné le chauffeur du car, remis ses papiers au flic afin qu’il établisse le pv. Cela allait maintenant être mon tour. Cela commença en turc. J’acquiesçai bêtement sans comprendre un mot à tout ce que l’homme au costume pouvait dire. Il remit alors également mon passeport à l’autre excité qui s’en trouva quelque peu perplexe, probablement que le formulaire n’était pas formaté pour un passeport français. Il interrogea alors son chef pour savoir comment se sortir de cette incompatibilité administrative. Prenant conscience du problème, ce dernier se mit à réfléchir, longtemps. La scène en était grotesque. Le flic et moi étions pendus aux lèvres de ce crétin pendant une bonne minute avant qu’enfin, dans sa grande bonté dirons-nous, il décide de me remettre mon passeport. Un problème de moins pour lui et pour moi, tout le monde était en quelque sorte content. J’ai tout de même eu droit à un second sermon à la suite duquel je remercia ce grand seigneur de son indulgence et pu enfin reprendre la route. Les militaires qui avaient suivis toute la scène me laissèrent rapidement passer d’un simple salut.

Il était déjà 15h passé et je me retrouvais de nouveau à la ville de Cizre. Je devais absolument accélérer le rythme. Mais c’était peine perdue. Après seulement 20 kilomètres, j’atteins le deuxième check-point de le journée. Alors que j’espérai pouvoir répéter le même salut et passer sans même m’arrêter, le militaire en poste me fit signe de me garer sur le côté. Et commenca alors un exercice qui allait se répéter à chaque check-point : on me demande mes papiers ; on me fait patienter entre 15 et 20 minutes ; on me rend mes papiers et on me souhaite bonne route. Heureusement, toujours de façon détendue et aimable. Certains militaires allaient même jusqu’à m’offrir un verre de thé ou de Pepsi – Coca Cola semble avoir perdu la partie ici… – pour rendre l’attente plus agréable.

A l’un des xième check-points, le militaire le plus gradé s’approcha avec grand intérêt de ma moto que j’avais posé sur sa béquille. Un plus jeune qui parlait anglais me dit :

« My captain like your bike very much and wants to drive it »

Certes, ce capitaine semble avoir bon goût mais je n’étais pas du tout disposé à le laissait faire joujou avec ce qui devait me portait jusqu’à Katmandou. Malgré mon refus, le captain, un grand gars avec une tête de mauvais russe à jouer dans un film américain des années 80, affichant une mâchoire qui semblait avoir été conçue pour ne jamais pouvoir se fermer et qui laissait apparaître de solides gencives, enfourcha ma moto et commença à tester les suspensions en sautillant sur la selle. Il me faisait penser à ces enfants que l’on installe dans des sortes de petites soucoupes attachées par deux élastiques sous le cadre d’une porte et qui ne cessent de rebondir de façon compulsive. Sans trop réfléchir, je retirai la clé de la moto d’un geste. Voyant que je n’allais pas céder, le grand gars accepta, quelque peu déçu, de me rendre mon bien et je pu reprendre la route.

2009_04_30 Kurdistan 008.jpg Entre les check-points, la route était heureusement somptueuse, offrant un panorama assez dramatique, au fond d’une gorge surplombée d’immenses sommets enneigés. Naturellement, cela aurait été encore mieux si elle n’avait pas ces graves problèmes d’acné qui m’obligeait constamment à vérifier où je mettais mes roues.

Vers 19h, la nuit tombait rapidement au fond du vallon et j’étais encore à plus de 100 kilomètres de Hakkari. Lors du check-point suivant, le militaire en poste, en plus de mes papiers, me demanda si j’avais l’autorisation de conduire de nuit. Surpris, je dû concéder que je n’avais pas la fameuse autorisation dont je n’avais jamais entendu parler. Il me demanda où je comptais dormir. - « Hakkari » lui dis-je.

-« Not possible tonight. Hakkari tomorrow. »

Cette réponse me rendu quelque peu perplexe. Où voulait-il que je dorme ? La région n’était pas vraiment réputée pour son tourisme et ses millions d’hôtels. Je lui proposa alors de planter ma tente dans les alentours.

-« Not possible. »

Le militaire semblait aussi gêné que moi de cette situation inextricable.

« Try Cilgit, next village. But don’t go after » me dit-il pas très convaincu de sa solution.

Le village de Cilgit, atteint 2 kilomètres après le check-points, offre pour tout commerce une petite épicerie qui alimente la dizaine de baraques de brique aux alentours et qui lors de mon arrivée était déjà fermée. Les choses s’annonçaient donc bien.

A suivre…

Ps: je sais, j’ai beaucoup de retard dans le récit. Promis, je vais faire de mon mieux pour rattraper tout ça, avant de quitter l’Iran. En tout cas, merci pour toutes vos visites, vos messages et de vos dons.


Petite pause douceur à Gaziantep

Posted: May 12th, 2009 | Author: Alex | Filed under: 02 - Turquie | | Comments Off

2009_04_26 Gaziantep by night 013.jpg Arrivé en milieu d’après-midi sous un agréable soleil de printemps, je fus heureux de pouvoir rapidement sécuriser mon toit pour la nuit dans un hôtel qui certes, n’offrait pas tous les services du précédent, mais était avantageusement situé au-dessus de l’une des plus fameuses baklavaci de la ville. Profitant de cette rapide installation, je partis me balader, l’appareil à la main, sentir l’ambiance de cette petite ville de province. Après quelques minutes à déambuler dans son centre, il y semblait bon vivre, avec une douceur, un calme fort agréable. Même les mobylettes semblaient s’y mouvoir avec patience. A l’heure du diner, les ruelles se vident et je n’apercevais la présence que de quelques retardataires. La scène à ce moment là se jouait ailleurs que dans la rue et malheureusement, je n’avais pas mon billet pour y assister. 

Le lendemain, après quelques baklavas sur-vitaminés, je partis à la découverte du bazar de la ville. Là encore, c’est dans une reposante agitation que tout semble se dérouler. Qu’il est bon vivre loin des grandes villes. Finalement, après deux petites heures de marches, je suis parti me (re)poser au Papirus Café, charmant petit café étudiant offrant une dizaine de petites tables dans la cour d’une vieille demeure à la façade crépie à la chaud et au sable, posées sous l’ombrage d’un vieux chêne. J’y ai passé quelques heures à siroter d’innombrables verres de thé et à m’embaumer des fumées aromatisées des narguilés.

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Je profitai de cette ambiance pour bouquiner la seule bibliographie d’Atatürk disponible pour mon Sony Ebook, à savoir celle d’un certain Georges Daniel, un véritable exalté du personnage. A le lire, les moindres faits et gestes du sir Kemal, que cela soit ces petites aventures avec des filles de joie ou ses premières errances universitaires tiennent du plus pur des génies… Ajouté à cela que le récit des évènements de 1915 se veut extrêmement succinct sur la question arménienne est vous avez tout de même de quoi vous interroger sur l’impartialité du garçon. A déconseiller vivement…

Après cette journée de douce oisiveté, je repris la route dès le lendemain matin en direction de Savur, petit village au nord de Mardin, dans les permières collines du Kurdistan turc. Conscient que l’évolution de l’état des routes rendait de plus en plus imprévisible les temps de parcours de mes prochaines étapes, j’avais pris la décision de ne pas faire d’arrêt dans la très pieuse ville de SalinUrfa et de faire d’une traite les quelques 400 km qui me séparaient de Savur. Pour déjeuner, je fis une petite halte dans l’un de ces « buffets » à la sortie d’une ville traversée d’ouest en est par la route principale. Il s’agit d’un concept assez sympathique si l’on accepte de faire quelques entorses à ses principes d’hygiène occidentale. Après avoir commandé la viande que l’on souhaite, on s’assoit sur un tout petit tabouret autour d’une table à quelques centimètres du sol. Sur cette dernière, ont été posés différents légumes et épices. On y trouve notamment des tomates, des piments, des aubergines, du persil, du poivre, du sel et du pain turc. Chacun à pour lui une planche à découper et un couteau pour préparer la garniture qui accompagnera agréablement sa viande fraichement sorti du barbecue dans son pain. Dans la petite échoppe où je m’étais arrêté, le père qui s’occupait de cuire les viandes, était aidé de son fils de 6 ans, véritable intendant de la table et de ses provisions et malheureusement privé d’école. Avec le même torchon, celui-ci nettoyait la table, rinçait les planches à découper et faisait briller les couteaux.

2009_04_28 Salinurfa 001.jpg Au moment je terminais de déguster ma propre création, un homme d’une quarantaine d’années, portant un costume gris coupé à la turque i.e. ridiculement trop large aux épaules, entra dans la boutique et commença à discuter avec le père. A l’évidence, il n’était pas venu pour déjeuner et le ton monta assez rapidement. Ne comprenant pas l’objet de ce litige, je terminai sans trop m’en soucier mon petit verre de thé apporté par le jeune garçon. Malheureusement, les deux hommes commencèrent à sa battre violemment et il fallut la force de quatre Turcs pour les séparer. L’homme au costume, en partant, dans un dernier mouvement de colère, lança violemment son pied contre la petite table, faisant ainsi s’envoler tout ce qui y était posé. Par chance pour lui, j’avais fin mon repas… (petite plaisanterie bien sûr…). Le pauvre jeune garçon contemplait impuissant cette petite table renversée et toutes ses provisions à terre, ne sachant que faire. Pour l’aider à reprendre ses esprits, je commençai à remettre la table à sa place et réunir les provisions étendues sur le sol. Le petite garçon reprit ainsi ses esprits et m’aida dans cette tâche. A ce moment précis, je ressentais une certaine tristesse pour ce jeune garçon auquel la vie n’allait probablement pas donner toutes ses chances… C’est d’ailleurs exactement pour les enfants comme lui que les salariés et volontaires de Plan essayent d’agir au quotidien. En reprenant place sur ma moto, je vis le jeune garçon me regarder avec ses petits yeux éblouis par l’engin. Avant de redémarrer, je le pris par les épaules et l’installa au guidon de probablement la plus grosse moto sur laquelle il ne s’est jamais assis. Content mais aussi un peu perplexe de cette situation, il me remercia et parti en courant rejoindre son père pour l’aider à redonner à l’endroit son aspect accueillant.

2009_04_29 Savur 001.jpg Les derniers kilomètres avant le village de Savur traversent de charmantes petites vallées boisées aux allures de Provence. Savur est un charmant petit hameau de quelques trois cents habitants qui semble avoir été construit en colimaçon autour d’une petite colline. Une famille, héritière du prophète Mahomet y propose l’hébergement en louant quelques chambres dans leur grande demeure au sommet de la colline. J’y ai retrouvé une famille hollandaise, au départ très sympathique mais avec laquelle les contacts stoppèrent net après que je n’ai pu retenir un petit rictus quand le père me fit la description de son métier. Avec un petit accent légèrement hautin, ce dernier se présenta comme : «  the Suprem Headmaster of the Academic Council of The Netherlands ». Pour ma défense, vous admettrez que la description tenait plus d’un personnage de Star Wars que d’un recteur d’académie…

 

Après une bonne petite nuit, j’allais le lendemain m’attaquer à la traversé du cœur montagneux du Kurdistan. A suivre.

 

 


Journée de révision à Adana

Posted: May 11th, 2009 | Author: Alex | Filed under: 02 - Turquie | | Comments Off

2009_04_25 Adana 001.jpg Comme annoncé, je me suis donc réveillé de bonne heure ce matin du 25 avril pour me rendre à Adana. La route fut un véritable ravissement pour les sens: Après avoir grimpée au pied du mont Ala Daglar, la route, par une succession de petits vallons agréablement habillés d’une somptueuse forêt d’arolles, redescendait doucement vers la mer. Malheureusement, arrivé sur le bord de mer, la forêt avait laissé sa place à un triste et vulgaire défilé d’entrepôts et autre bâtiments caractéristiques des zones portuaires qui fleurissaient ici sur la côté méditerranéenne turque.

Après avoir trouvé, non sans mal, la concession Borusan Oto, je fus accueilli par un très sympathique Gürcan Gürsoy dans des locaux totalement dignes des standards de nos concessions européennes. A une nuance peut être, ici était vendu aussi bien des BMW, que des Land Rover (aujourd’hui propriété de l’indien Tata) et des Roll Royce – du moins, en théorie, pour ces dernières. La moto fut rapidement prise en charge et cela me laissait bon espoir de pouvoir reprendre la route rapidement. Ce n’était qu’illusion. Malgré mon arrivée matinale, ce n’est que vers 18h que je pus reprendre la route. Que c’est-il passé entre temps ? Je ne sais pas exactement. Probablement beaucoup de thé, un bon paquet de désorganisation, une sympathique invitation à déjeuner de la part du tout stressé Gürcan – le pauvre n’avait pas la force de manger et préféra enchainer rien de moins que 8 cigarettes pendant le déjeuner – et une rencontre avec un gynécologue turc heureux propriétaire d’une moto BMW, qui allait se révéler pleine de surprises. Enfin, la révision fut faite et bien faite comme j’ai pu l’apprécier en assistant à toutes les étapes de l’opération. En fin de journée, le fameux gyneco – la quarantaine bien tassée, une chevelure grisonnante quelque peu éparse, des yeux virgules tout pétillants, un visage aux traits fins accentué par une petite barbichette lui donnant des airs de savant fou – m’invita à diner avec l’un de ses amis, également fan de belles mécaniques, dans un restaurant chinois en face de la base militaire américaine d’Adana. Impossible de refuser une telle proposition.

Et me voilà à suivre ce bon homme le long des barbelées de l’impressionnante base militaire américaine. On retrouva l’ami en question à quelques centaines mètres de l’entrée de la base au volant de sa … Porsche 911 cabriolet – là, je me suis dit que pour les rencontres, cela avait certains bons côtés de faire sa révision chez BMW plutôt que chez Yamaha… Il était venu nous chercher pour nous permettre de pénétrer dans la zone réservée au personnel militaire and friends. Sorte de mini ville, cette partie de la base est en réalité la zone où les militaires américains peuvent s’offrir quelques sorties. On y trouve quelques bars et autres restaurants, dont un restaurant chinois tenu par des Turcs… 

Après avoir garé nos trois carrosses devant la porte du restaurant, on commença les présentations. Le propriétaire de la Porsche, M. Zereycam – également la quarantaine, une bonne paire de joues surplombée d’un honorable nez, confortablement posé entre deux petits yeux noirs, coiffé d’une coupe toute militaire, l’ensemble donnant un air assez patibulaire au garçon – était donc un militaire américain d’origine turque en charge des « ressources humaines » de la base, en poste à Adana depuis 14 ans et heureux collectionneur de belles mécaniques. Au delà de ce petit cabriolet, M. Zereycam possédait en effet une collection de motos dont son ami le gyneco se ventait de les avoir toutes conduites à leur vitesse maxi… Tout un programme. Pendant tout le diner, je cherchais dans mon esprit à réconcilier certains éléments qui m’apparaissaient contradictoires. A n’en pas douter, une carrière militaire offre en échange des sacrifices qu’elle exige, de riches expériences de vie. Toutefois, cette richesse n’était pas dans mon esprit celle qui permettait l’acquisition de Porsche et autres joujoux mécaniques – on m’aurait donc menti ? Plus tard, au travers de notre conversation, je cru comprendre que M. Zereycam avait aussi une âme «  d’entrepreneur » que ses liens familiaux avec certains locaux lui avaient permis d’exploiter… C’est d’ailleurs chez son neveu que nous rendîmes tous ensemble à la fin du dîner sous une pluie battante.

Ce dernier tenait un hôtel dans la très urbaine Adana. Absent lors de notre arrivée à l’hôtel, il finit par nous rejoindre dans son bureau où nous avions recommencé à boire du thé. La garçon avait un air très ressemblant avec un Stéphane Esher, les cheveux gominés en arrière, que vous auriez gavé aux hormones depuis son plus jeune âge. Le résultat en était presque dérangeant au regard… mais bon, je n’allais pas commencer à critiquer mon hôte pour la nuit. D’ailleurs, je n’étais pas le seul étranger à être hébergé par ce jeune entrepreneur qui semblait avoir bien compris l’intérêt commercial d’une offre enrichie. Son hôtel comptait, au delà de la trentaine de chambres, une petite discothèque au premier étage habitée de charmantes jeunes demoiselles que j’ai eu la chance de croiser dans l’ascenseur. Malheureusement, la fatigue m’obligea à décliner leur invitation pour un verre… pour une autre fois bien sûr.

C’est donc sans grande tristesse que je repris la route tôt le lendemain en direction de Gaziantep où, alléché par son titre de capital du baklava à la pistache, j’avais décidé de passer ma prochaine nuit.


A la découverte d’Ala Daglar

Posted: May 7th, 2009 | Author: Alex | Filed under: 02 - Turquie | | 2 Comments »

Stitched Panorama Après ces quelques jours en Cappadoce, il était temps de reprendre la route (je vous annonce que je risque d’utiliser souvent cette formule au début de mes billets…). Direction donc le sud, vers le parc national d’Ala Aglar où je comptais m’offrir une petite journée de trekking dans ce magnifique parc montagneux. Un guide de montagne rencontré à Goreme m’y avait indiqué un sympathique couple de guides qui avaient établi une petite auberge refuge aux pieds des montagnes, non loin du village de Cukurbag.

La route à partir d’Urgup fut véritablement somptueuse. Des enchainements de lacets dans ce paysage de Cappadoce, alternant entre haut plateaux et fond de vallées, un vrai délice. Ensuite, la route vient se poser aux pieds des massifs montagneux d’Ala Aglar et monte doucement vers le village de Cukurbag, à 1900 m d’altitude. Accueilli chaleureusement par mes hôtes, ils m’installèrent dans ce qui allait devenir mon petit chez moi pour deux jours, un charmant petit refuge en bois prévu pour 4 et dont j’aurai l’exclusivité pendant mon court séjour. Par contre, j’étais quelque peu déçu d’apprendre qu’ils n’avaient rien à me proposer pour diner et que j’étais contraint pour calmer mon estomac d’aller au prochain village, à 15 bornes… Une nouvelle occasion de rencontrer des sympathiques turcs de la campagne et d’offrir un énième bain de foule à la moto. Pendant que je mangeais tranquille mon petit Iskender Kebap (de fines coupes de bœuf préparées sur un lit de pain turc, le tout baignant dans une sauce à base de tomate et yaourt), je contemplais avec la même curiosité cette passion qui semble animer tous les turcs pour tout ce qui a des roues et un moteur. Un groupe d’une vingtaine de turcs s’était rassemblé autour de la moto et semblaient l’analyser dans les moindres détails : le moteur, le bras oscillant, le GPS (et non pas une télé, comme le pensait un de fans…), certains allaient jusqu’à tester le dureté de la selle avec leurs mains… J’étais tout de même contraint d’intervenir quand certains poussaient l’analyse au delà du raisonnable en jouant par exemple avec la boite de vitesse etc…

2009_04_24 Aladaglar-002.jpg Après une bonne petite nuit dans mon « chalet », je retrouvai Akmed, le chef des lieux, dans un troisième chalet servant de salle commune, pour le petit déjeuner. Assis à une énorme table en bois massif, il me présenta les différentes options qui se présentaient à moi pour la journée. Après avoir délesté la moto de ses valises, me voilà ainsi en route sur un chemin de terre assez accidenté de plus de 8 kilomètres au cœur du parc pour rejoindre Camp 2000, point de départ des différentes traces.

La route commence par traverser des magnifiques étendues, s’enfonce doucement dans des gigantesques canyons, chevauche quelques gués et atteint enfin Camp 2000, au pied du sommet Ala Aglar. De là, on emprunte à pied un petit chemin qui grimpe sérieusement dans la montagne. Après 3 heures de marche, je me retrouve au pied d’un pic de plus de 100 mètres de haut, accolé à la montagne et véritable icône du parc. Malheureusement, je suis contraint de cesser ma progression en raison de la neige qui recouvre encore la montagne au delà des 3000 mètres. Les flancs de vallons présentent d’immense quantité de rocs, amassés tels de petits gravas de charbons qui semblent ne pas avoir bougé depuis le bigbang. Un silence étourdissant règne sur ce lieu, rarement perturbé par quelques cris d’oiseaux, ses seuls habitants. Quel changement par rapport à Goreme. J’aurais pu rester des jours entiers à déambuler de cet espace en toute quiétude.

Malheureusement, j’avais pris rendez-vous le lendemain matin pour effectuer la révision de la moto à 2 heures de route dans la ville d’Adana. En quittant le petit village de Cukurbag, de bon matin, à l’heure où le soleil étendait doucement ses rayons au dessus des montagnes, je me fis la promesse de revenir un jour profiter de ce lieu dont j’ai totalement tombé sous charme. A suivre.