Pamir Highway – Part III

Posted: September 25th, 2009 | Author: Alex | Filed under: 06 - Tadjikistan | | Comments Off

Le départ de Murghab

J’étais un peu déçu de devoir quitter Murghab sans avoir eu le temps de profiter des merveilleux trecks qu’offre la région. J’avais déjà repoussé une fois ma date d’entrée en Chine qui était cette fois prévue 5 jours plus tard et il me restait encore plus de 600 kilomètres à parcourir dans cette région montagneuse avant d’atteindre mon point d’entrée,  le col de Torugart au Kirghizstan. Et pourtant, Murghab était à moins de 30 km de la frontière chinoise derrière laquelle se trouvait la fameuse Karakoram Highway, cette route mythique qui relie Kashgar au nord et Islamabad au sud en traversant la chaine de montagne du Karakoram. Bientôt j’aurai la chance de l’emprunter mais en raison du relief et de quelques considérations géopolitiques, j’avais encore 5 jours de route devant moi avant de pénétrer en territoire chinois.

Stitched Panorama

Je quittais Murghab comme un marin prend la mer. Je voyais dans le rétroviseur disparaître sous l’horizon ses petites baraques blanches et devant moi, une vaste plaine désertique sans fin. En montant doucement vers le col d’Ak-Baital – le col du cheval blanc – la température chute sous les – 2 C° et des giclés de grêle et de neige portées par des vents violents viennent gifler mon équipage. Heureusement, la moto, imperturbable, continue à ronronner fidèlement. Derrière le col, c’est une longue descente vers le lac de Kara-Kul, le plus haut d’Asie centrale à 3914 m.  Creusé par une météorite il y a environ 10 millions d’années, le Kara-Kul dégage une atmosphère toute mystérieuse. Par contraste avec l’épais manteau nuageux qui recouvrait le ciel, ses eaux claires et turquoise semblent briller comme une étendue d’émeraudes.  Par temps clair, le contraste s’inverse, ce qui lui vaut le nom chez les Kirghizes de la région de Chong Kara Kul – le grand lac noir, par opposition au Kichi Kara Kul – le petit lac noir qui borde la route du Karakoram en Chine.

2009_06_17-Karakol (03 sur 26) Au bord du lac, à l’est, se trouve le petit village de Karakul avec sa trentaine de petites maisons couleur craie. Un des habitants offre le gîte aux quelques touristes de passage et après une rapide installation, je partis armé de mon appareil profiter des dernières lueurs du jour. Autour d’un vieux camion, je tombe sur un groupe d’hommes s’affairant au-dessus de son moteur. Au départ, l’accueil n’est pas des plus chaleureux. Je m’approche alors pour essayer de comprendre l’objet du problème mécanique et ces messieurs m’ignorent totalement. Un peu surpris, je croise le regard d’un d’entre eux et lui dit « Mecanic » en me pointant du doigt. Sans savoir vraiment d’où m’était venue cette idée, je me retrouve dans le cœur de la bête, les mains pleines d’huile, avec une dizaine d’homme me regardant comme on regarde un médecin faire un massage cardiaque. Sauf à croire aux miracles, j’avais peu de chance de sauver la machine. Mais surtout je n’avais rien à perdre à tenter quelque chose. Alors me voilà à tâter les différentes pièces mécaniques du moteur, cherchant un petit jeu, demandant à ce que l’on lance en vain le démarreur pour essayer de percevoir un bruit suspect.  Au bout de cinq minutes, bien évidement, je n’avais pas le quart du début d’une solution. Pour terminer d’assoir ma crédibilité, je demande tout de même que l’on me passe le tournevis pour jouer sur les vis de réglage du carburateur, toujours sans succès… Mes efforts avaient toutefois brisé la glace et en me retournant vers mes spectateurs le visage désolé, je fus remercié avec quelques sourires et tous presque se prêtèrent volontiers à une petite séance photos.

Poste frontière du col de Kyzyl-Art

 J’avais quitté Karakol de bon matin avec l’espoir de rejoindre Osh au Kirghizstan avant la nuit. Au col d’Uy Bulak, je me retournai une dernière fois pour admirer le lac Kara-kul. Le paysage était à couper le souffle. Après une dernière photo, il me fallait malheureusement repartir…

Stitched Panorama  

Le poste de frontière du col de Kyzyk-Art, perché à près de 4300 m, se présente sous la forme d’un petit rassemblement de vieilles caravanes blanches qui, avec leur forme d’engin spatiale, semblent avoir été conçues par les soviétiques pour la conquête de la lune. Avec le froid environnant, la chaleur avec laquelle les gardes vous reçoivent surprend agréablement. Encore plus surprenant, l’un d’eux parlait un anglais tout à fait correct et une fois les formalités rapidement effectuées, il m’offrit un thé et me dit : “You know, we live here because we are born here. This is our land. But should we not be here today, nobody would come to settle”. En effet, cette région du Pamir n’est pas des plus accueillantes pour l’Homme avec ses déserts d’altitudes et ses températures extrêmes. Mais c’est probablement pour cela qu’elle est restée encore aujourd’hui si belle…  

A suivre…

PS: La période de collecte de dons se termine dans 7 jours et nous n’avons toujours pas atteint l’objectif de 5.000 euros. Je compte sur vous pour le sprint final….