La traversée verte – Part I

Posted: October 26th, 2009 | Author: Alex | Filed under: 07 - Kirghizstan | | Comments Off

Attablé en face d’un bon shashlik dans une chaïkhana d’Osh

Kirghistan01-5 Je l’avais bien mérité, ce bon shashlik bien braisés et savoureux avec ses morceaux de tomates et ses petites tranches d’ognons. Le jour commençait doucement à s’éteindre et les ombres petit à petit s’allongeaient le long des rues avant de se fondre avec l’obscurité. A l’intérieur de ces chaïkhanas construites en balcon au bord des trottoirs, les kirghizes venaient en famille ou entre amis déguster par centaines ces petites brochettes préparées à la vue de tous sur de gigantesques barbecues au-dessus desquels s’épuisaient de jeunes cuisiniers qui disparaissaient derrière de nuage de fumée de cuisson. Dans cette ville de Osh, on en trouvait par dizaine, les unes derrières les autres, parcourant les longues et larges avenues.

Stitched Panorama

 J’étais arrivé en ville en fin d’après-midi après avoir passé près de 10 heures éreintantes sur la moto. La traversée de la zone tampon entre les deux frontières s’était révélé assez difficile. Aucun des deux pays ne souhaitant prendre à sa charge l’entretien de la route, les 20 kilomètres qui séparent les deux postes frontières sont dans un état totalement désastreux. J’avais malgré tout réussi à atteindre le poste frontière de Bor Döbö où les formalités, à ma grande surprise, ne prirent qu’une quinzaine de minutes. Cela aurait été encore plus rapide si je n’avais eu à demander moi-même un tampon sur mon passeport, de façon à éviter tout débat sur la durée de mon visa lors de ma sortie. Une fois le poste frontière derrière moi, la route s’extrait des montagnes et vient se poser au fond d’une immense vallée verte encadrée de somptueux paysages alpins, poudrée de quelques yourtes. C’était là un paysage grandiose, typique de l’été kirghize.

Kirghistan01-4 Après un dernier col atteint au terme d’une série de lacets où j’avais dû slalomer entre les machines de chantier en plein travail, ce n’était plus qu’une longue descente vers Osh. Là, j’avais rapidement trouvé refuge dans une atypique guesthouse logée dans un petit appartement au dernier étage de l’un de ces HLM de l’ère soviétique. Pleine comme un œuf, j’y rencontrais de jeunes voyageurs des quatre coins du monde. Juste le temps d’y prendre une douche et j’étais reparti à la recherche d’une de ces fameuses chaïkhanas pour rassasier mon petit estomac qui n’avait eu le droit pour seul aliment qu’à des biscuits secs tout au long de la journée. Le shashlik fut d’autant plus apprécié…

Kirghistan01-3

Le lendemain, sur les conseils d’un professeur de français croisé dans la rue, je m’étais rendu à la gare routière pour me renseigner sur l’état de la route vers Naryn, ma prochaine grande étape. Cela s’annonçait mal. Aucun des chauffeurs n’avaient emprunté la route récemment. Ils préféraient tous passer par la capital Bishkek même si cela supposait faire un détour de près de 900 km… Face à cet imprévu, je prie le parti de repousser l’heure de la décision à la ville de Jala-Abad par laquelle passaient les deux itinéraires et où j’espérais pouvoir trouver des informations fraiches et de première main.

A ce moment là du voyage, la pression du calendrier occupait de plus en plus mon esprit. L’environnement offrait de moins en moins de prévisibilité et ma marge de manœuvre se réduisait chaque jour un peu plus. Si je voulais être le 26 au col de Torugart pour mon entrée en Chine, je ne pouvais sacrifier qu’une journée, celle que j’espérais pouvoir consacrer à la visite du caravansérail de Tash Rabat. Les autres étaient nécessairement consacrées à rouler, toujours rouler dans ces immensités vertes qui parcourent le Kirghizstan. Il était toutefois difficile de se plaindre…

A suivre…