Petite virée vers le lac Karakol chinois

Posted: February 21st, 2010 | Author: Alex | Filed under: 08 - Chine | | Comments Off

La route vers le lac Karakol n’est autre que le début de la Karakorum Highway. De ce côté de la frontière, elle est magnifiquement goudronnée et traverse une belle variété de paysages. Deux heures après le départ, on se retrouve au fond du canyon de la rivière de Ghez et ses immenses parois abrupte de grès couleur tabac. Un check point plus tard, elle s’extrait du canyon en suite de lacets serrés pour atteindre un haut plateau sur lequel elle vient caresser des montagnes de sables blancs se reflétant dans des miroirs d’eau.

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Six heures après le départ, le bus nous dépose au pied du lac de Karakol, le second de mon voyage après celui découvert au Tadjikistan, à quelques dizaines de kilomètres à vol d’oiseau. A l’évidence, le visiteur est avant tout vu ici comme un touriste. Des jeunes se ruent sur nous pour nous vendre les charmes d’une nuit dans leur yourt kirghize plantée au bord du lac. Sans grande conviction, notre petit groupe décide de suivre un veil homme resté un peu à l’écart. Après une rapide négociation du prix, nous découvrons notre refuge pour la nuit: une belle yourt, assez cosi, d’aspect assez traditionnel, à l’exception peut être de l’imposante antenne satellite que son propriétaire avait eu la mauvaise idée d’acheter. Le gaillard était malgré tout sympathique. Dans un anglais honnête, il prit le temps de nous expliquer les différentes ballades à faire le lendemain pendant que sa femme et sa fille nous préparent le diner. Toujours avec sa veille clope roulée collée au bec, il nous offre un verre d’un digestif local des plus goûtu, probablement utilisé aussi comme anesthésiant en cas de besoin…

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Au bord du lac, un épais manteaux nuageux cache les sommets des montages encerclant le lac et déverse une petite pluie fine assez désagréable qui nous contraint à nous réfugier dans la yourte en attendant le diner. Finalement, assommé par un gros coup de fatigue, avant même la distribution des rations de plov, je m’enroule dans mon sac de couchage dans un coin de la yourte, et tombe dans un sommeil profond. Je me réveillerai que 12h plus tard, juste à temps pour voir les premières lueurs du jour.

KarakolLake-4802 Avec mon ami Tim, armés de nos appareils, nous partons nous balader derrière les premiers cols. Nous découvrons des vallées de steppe où quelques bergers laissent en pâture leur troupeau sous l’ombrage légèrement menaçant du Kongur Tagh voilé derrière ses nuages. Certains bergers, toujours flanqués de leur chapeau traditionnel, se baladent au guidon de leur petite moto chinoise. Malgré quelques beaux paysages, cette visite nous a quelque peu déçu et de retour à notre yourte, Tim et moi décidons de repartir, lui vers le Pakistan, moi vers Kashgar. Tim a juste le temps d’empaqueter ses affaires et grimper dans ce même bus que nous avions pris la veille et repartir pour le sud. De mon côté, deux expats français venus le matin visités le lac me proposent de me ramener dans leur taxi. La région était décidément très touristique et pour le coup, cela avait certains avantages… Et nos deux autres compères ? Elle et lui avaient parait-il trouver l’amour pendant notre nuit sous la yourte – le pauvre Tim avait dû partager le même lot de couverture et c’était bien malgré lui qu’il avait été témoin de ce coup de foudre… – et c’était donc le cœur léger que nous leur offrions un peu plus d’intimité…

De retour à l’hôtel, j’ai la bonne surprise de voir qu’un paquet envoyé par mes parents était arrivé. Il ne lui avait fallu que 5 jours pour arriver alors qu’il m’en avait fallu près de 80. Au café à côté de l’hôtel, je retrouve quelques connaissances rencontrées 3 jours auparavant, l’air préoccupé. Des combats entre Hans et Ouigours à Urumshi avaient fait près de 250 morts et il était probable que les tensions se propagent jusqu’à Kashgar, capital historique de la culture ouigour…

A suivre…