Week-end stambouliote

Posted: April 22nd, 2009 | Author: Alex | Filed under: 02 - Turquie | | Comments Off

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Mon arrivée s’est révélée pleine de surprises. La première : par je ne sais quel miracle, je suis arrivé sans aucune difficulté à l’aéroport d’Istanbul au moment précis où Cécile, qui venait me rejoindre pour un petit week-end de Pâcques stambouliote, passait le portique des arrivées – magnifique timing et heureuses retrouvailles. La seconde : alors que je pensais avoir un souvenir assez précis de l’organisation de la ville – sur lequel je comptais pour trouver sans mal le quartier de Sultanahmet dans lequel Cécile avait dégoté un sympathique petit hôtel – il m’aura bien fallu deux bonnes heures d’errance dans le dédale vallonné de ruelles d’Istanbul pour atteindre ce qui allait devenir à mes yeux une véritable délivrance. Avec près 1000 km dans les pattes et une moto de près 300 kilos qui semblait prendre un kilo supplémentaire à chaque mauvais choix de ruelles, quand Cécile, déposée à l’hôtel depuis une bonne heure déjà par son taxi, apparut devant moi, un délicieux soulagement m’envahit… Troisième surprise: l’hôtel, ou plus exactement la chambre. Charmante, douillette, propre, presque cosy avec ses murs d’une teinte orangé pastelle, elle apparaissait comme la copie conforme des photos publiées sur le site de l’hôtel, à un détail près… nous étions logés au sous-sol, en contre-bas de la rue, avec une magnifique vue sur les chaussures des passants… Ça change de la classique vue sur le Bosphore… Enfin, à ce moment précis, tout cela n’avait que peu d’importance., j’avais retrouvé Cécile et je pouvais enfin me coucher.

2009_04_11 - 004.jpg Le week-end qui s’en suivit fut très agréable. Un programme assez classique, un soupçon ambitieux, concocté par Cécile nous conduit à (re)découvrir la mosquée bleue, Aya Sofia, Topkapi, nous perdre dans le grand bazar, décrasser nos souvenirs des différents passages du nouveau testament devant les fresques et mosaïques byzantine de l’église Saint-Sauveur, se balader dans le quartier universitaire, s’offrir une traversée sur le Bosphore à bord d’un de ces fameux vapur, etc. En extra, nous avons même eu droit au passage du tour cycliste de Turquie, belle ironie pour moi qui n’ai jamais vu le tour de France…

Lors d’une petite pause gourmande dans une baklavaci chaudement recommandée par le Lonely, au sud du quartier universitaire, nous pûmes expérimenter la fameuse hospitalité des turcs. Nous nous étions offert un petit panaché de baklavas, à savoir un fistikli baklava (un classique à la pistache), cevizli dolama (aux noix), fistikli halep (également à la pistache) que nous nous partagions attablés dans la petite échoppe. Arriva un groupe de 4 turcs d’une quarantaine d’années qui vient s’assoir à la table accolée à la notre. Celui à la moustache finement peignée adressa quelques mots de sa place à l’un des garons derrière le comptoir. Ce dernier leur apporta alors une bonne portion d’ekmek kadayifi, sorte de pain brioché totalement imbibé de sirop, et accompagné de son kaymac, similaire à une crème fouettée. Devant notre air interrogatif, le même homme à la moustache demanda à ce qu’on lui apporte une assiette et nous servit une belle portion de ce dessert classique de la région. Quelque peu gênés mais reconnaissants, on remercia ces messieurs en usant les quelques mots de turque fraichement appris. Le moustachu en profita pour nous adresser quelques questions en turc. D’un sourire légèrement gêné, on fit comprendre que notre connaissance du turque en était encore à ses balbutiements. Ce petit épisode amusa bien évidement toute la boutique. En partant, on salua chaleureusement nos généreux donateurs. J’étais heureux d’avoir ainsi retrouver cette générosité turque expérimentée trois ans plutôt au cours de mon périple au kurdistan et comptais bien à en continuer la découverte au cours de mon périple anatolien.

2009_04_12 - 011.jpg Istanbul fut l’occasion pour moi d’effectuer quelques derniers achats : un porte savon, introuvable à Paris et trouvé ici à Istambul dans un des nombreux surplus militaire, des piles – on en a jamais assez – et des pilules de compliments nutritionnels. Ces dernières, découvertes grâce à mon ami Mathias au cours de notre excursion indienne l’été dernier où ce dernier en avait pris une boite… juste pour lui – il faut dire qu’il avait peut être plus besoin que moi à ce moment là – me paraissaient comme un achat assez judicieux. Avant cette expérience, je n’avais jamais pris conscience des carences nutritives qu’un tel voyage pouvait causer. Enfin, me voilà alors tout équipé en Vitamines & Cos pour deux mois.

Sur le parking où j’avais stationné mon infatigable compagnon de voyage, on fit la rencontre de Lutz, un routard allemand d’une quarantaine d’années avec un Land Rover, totalement aménagé et équipé pour bourlinguer autour du monde. Autour d’un narguilé au pied de la mosquée bleue, il nous expliqua qu’il commençait alors un long voyage qui n’avait pour l’instant aucune date de fin et pas vraiment d’itinéraire. Par le passé, il avait déjà entrepris de tel voyage à sac à dos ou à moto mais à chaque fois, il avait frustré par la date de retour qu’il était contraint de respecter. Cette fois-ci, il avait fait en sorte de ne plus avoir à se préoccuper d’un tel détail et pouvait alors déambuler à travers le monde en toute liberté…

Après trois jours de douceur à Istanbul, il était temps pour Cécile de reprendre l’avion et pour moi de préparer la prochaine étape. Après un dernier baiser in extremis devant le guichet des douaniers, Cécile s’envola vers Paris. Sur la route du retour de l’aéroport qui longe le Bosphore, je prenais petit à petit conscience que la voyage allait à présent vraiment commencer. La soirée fut consacré à préparer l’itinéraire du lendemain – finalement, j’optai pour le détroit des Dardanelles et la presqu’ile de Gallipoli par la route longeant la côte marmarienne – et à m’offrir une nouvelle coupe… que vous découvrirez dans le prochain billet.

PS: comme vous l’avez peut être lu, Danny Boyle a offert 567 350 Euros à Plan pour les enfants des quartiers défavorisés de Bombay. Que cela ne décourage pas ceux qui envisageaient d’apporter également leur contribution financière à Plan, certes plus petite… Il faut le prendre comme un nouveau témoignage de l’importance et de l’efficacité de l’action de Plan dans des pays tel que l’Inde. Un grand merci à tous ceux qui ont déjà donné. 1/5 de l’objectif a déjà été atteint, c’est très encourageant pour la suite. Sincèrement, merci.


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