Sur la route des touristes

Posted: May 4th, 2009 | Author: Alex | Filed under: 02 - Turquie | | 1 Comment »

Après cette charmante pause à Ayvalick, il est temps pour notre nouveau petit groupe de remercier la chaleureuse Annette pour son hospitalité et d’enfourcher nos montures… Nous avions devant nous quelques passages obligés sur la route des touristes que nous allions suivre ces 3 prochains jours. Au menu, Efes, Pamukkale, Konya et Goreme en Cappadocia.

Le premier jour, après des premiers kilomètres quelques peu laborieux, on trouva rapidement notre rythme de croisière, imposé par la petite 250 de Solyn: 95 km/h. Au terme d’une belle petite matinée à cruiser le long de la côté égéenne, on atteint rapidement Selçuk, base classique pour la visite d’Efes. Avant d’entamer les visites, on décida d’aller sécuriser notre gîte pour la nuit. Ainsi, à trois kilomètres après la sortie de la ville, on trouva the Atilla Getaway , sympathique petite auberge au centre d’un beau jardin aménagé avec bungalows, piscine et  chill-out area. Le lieu est tenu par un accueillant turko-australien, toujours flanqué de sa casquette légèrement de travers et qui aime à terminer sa phrase d’un très nasal you know pour enrichir son propos… un chic type en somme. En moins de cinq minutes, il nous concocta notre planning des visites pour l’après-midi.

2009_04_17 Efesus 005.jpg Et nous voilà à garer nos motos sur des parkings remplis de cars de touristes. Les tenus vestimentaires totalement déjantées de jeunes japonaises cohabitent avec les classiques shorts, tongs, chaussettes de mes amis germaniques sur ces lieux qui n’ont rien perdu de leur magie. Efes, visité alors que je n’avais à peine que 10 ans, m’avait laissé un fort mais douloureux souvenir. J’avais à l’époque, déjà débordant d’énergie, rien trouver de mieux que de descendre les escaliers du Grand Théâtre sur mon dos après avoir maladroitement glissé sur l’une des marches. Ma pauvre mère s’en souvient encore avec émotion… Pour ma défense, les marches étaient à l’époque encore dans leur état originel, usées par plusieurs centaines d’années de services. Aujourd’hui, après une importante restauration, tout cela a été sécurisé – mon accident n’a donc pas servi à rien – mais malheureusement à coup de simili béton. Le site conserve fort heureusement toute son imposante grâce. A quelques de mètres de là, j’ai retrouvé avec avec bonheur la magnifique bibliothèque de Celsus, véritable icône de ce lieu et dont seule la somptueuse façade a résisté aux temps et autres tremblements de terre.

2009_04_18 Pamukale 003.jpg Le lendemain, nous avons laissé la côté dernière nous pour plonger en Anatolie. Première étape, les fameuses piscines de calcaire de Pamukkale. Le site, qui a fait l’objet d’une exploitation sauvage et effrénée pendant plusieurs années, retrouve aujourd’hui une certaine majesté, aidé par son nouveau statut de patrimoine mondiale de l’humanité. On se retrouve à marcher pieds nus sur ces massifs de calcaires sur lesquels coule les jaillissements d’eau de cette fameuse source thermale, formant si ou là, au grès du relief, des petites piscines naturelles. Tout, cela est fort sympathique et ce n’est pas les sempiternelles sifflets des courageux gardiens tentant désespérément de calmer les ardeurs des touristes les plus aventureux – dont j’ai naturellement fait parti… – qui pourraient réussir à gâcher ce moment.

En fin d’après-midi, nous avions rejoins le petit village d’Egirdi (prononcé Eyirdir ) et posés nos valises chez Ali qui y tient une honnête petite auberge sur la presqu’ile d’Yesilada. Etabli à l’extrémité sud du lac éponyme et au pied du Sivri Dagi, Egirdir est un charmant petit hameau noyé dans un paysage grandiose. Au pied de la statut d’Attaturk érigé au centre du village, s’élance un bras de terre qui s’enfonce sur près de 300 mètres sur le lac. A son bout, une petite presqu’ile nommée Yeslilada sur laquelle se sont construit quelques maisons et autres restaurants, tout cela dans une ambiance calme et pleine de douceur. Au réveil, un somptueux soleil s’arrache de derrières les montagnes pour inonder de lumière tout cet espace.

2009_04_19 Egerdir 011.jpg

Sur les conseils d’Ali, nous sommes partis découvrir le Yazili Canyon au cœur du parc national du Natun, un des nombreux parcs nationaux turcs. Peu connus de nous autres européens, la Turquie possèdent de nombreux parcs nationaux qui dans son actuelle élan vers une adhésion européenne connaissent une heureuse attention de plus en plus protectrice de la part des autorités. On ne peut que s’en réjouir car ce sont là (du moins pour ceux que j’ai pu voir) des véritables bijoux naturels.

Après un bucolique petit pic-nic au pied d’une cascade, nous avons emprunté le petit chemin qui remonte le courant au fond du canyon. Une demi-heure de marche plus tard, étendus sur les rochers plats chauffés par le soleil posés au bord de la rivière, nous nous offrions une petite sieste bercés par la musique continu de l’eau se frayant un chemin entre les rochers. Pendant notre sieste, nous fûmes rejoints par un groupe de jeunes filles, toutes voilées, découvrant ce lieu dans la cadre d’une probable excursion scolaire. Une certaine curiosité de part et d’autres provoqua quelques regards, amusés et finalement complices entre nous. Une des jeunes filles, plus téméraire que nous, vint voir Jolyne et lui demanda dans un anglais tout à fait correct de quels pays nous venions. La réponse de Jolyne me concernant provoqua une certaine surprise à laquelle j’étais devenu à présent habitué… Malheureusement, nos échanges s’arrêtèrent là et nous continuâmes, chacun de notre côté, à profiter paisiblement de la douceur du lieu.

Après un dernier diner au bord du lac et une paisible nuit chez Ali, nous reprîmes la route en direction de Goreme en Cappadoce. Toutefois ce fut de façon séparée, Jolyne et Sanders ayant décidé de prendre une route légèrement plus directe que celle pour laquelle j’optai. Cette dernière présentait il est vrai un léger détour par le sud d’un quarantaine de kilomètres mais selon ma lecture de la carte, devait m’offrir en contrepartie un magnifique panorama sur le lac et la plaine environnante. J’avais vu juste. Construite en balcon à flanc de montagne, la route me gratifia en effet d’un beau spectacle. Comme la veille, le soleil, une fois sorti de sa cachette, baignait de toute sa lumière cette magnifique plaine qui s’entend sur des kilomètres. Il est difficile alors de se concentrer sur la route, mon regard étant en permanence happé par ce paysage.

2009_04_21 Konya 006.jpg En roulant, je prenais conscience des plaisirs qu’offrait une conduite en solo. Plus de limite de vitesse (du moins imposée par les limites d’une autre moto…), plus de check permanents sur les rétro, une liberté de conduite totale pour s’arrêter, repartir, doubler, etc… Plus sympathique encore, le contact avec les gens se veut beaucoup plus proche et riche. La solitude est bien plus propice aux rencontres et à l’échange. Je n’ai pas eu attendre longtemps pour le constater. Avant d’atteindre Goreme, j’avais prévu de faire escale par la ville de Konya pour visiter le Mevlana museum avec l’espoir de pouvoir y admirer quelques derviches tourneurs en transe… Avant d’attaquer la visite, je me posai dans une de ces boutiques où l’on cuit tout sorte de pains et confectionne quelques plats traditionnels turques comme les pides (la pizza turque en forme de gondole). Après m’avoir apporté mes plats, j’ai rapidement eu droit aux premières questions: nationalité ? nom ? prix de ma moto – malheureusement, un rituel… – ma destination ? mon appréciation des turcs ? Tout cela avec beaucoup de sympathie et de gentillesse. Pendant nos échanges, on m’offrit le thé ainsi que le dessert. J’étais toujours habillé avec ma combinaison de motard qui avait à elle seule susciter son lot d’interrogations. A l’aide de quelques gestes, je leur demandai si je pouvais me changer dans la petite salle du fond et leur laisser mes affaires pendant ma visite du musée. Avec un grand sourire, on me fit comprendre que cela ne posait aucun problème et l’un des cuisiniers se proposa même de porter mon sac dans la salle du fond. Après avoir retrouvé une allure de touristes plus traditionnelle, je me dirigeai vers le fameux musée.

2009_04_21-konya-007.jpg  A mon retour, quelques peu déçu d’avoir appris que les derviches ne s’exécutaient que les samedis, je retrouvai toute l’équipe de la boutique qui m’accueillit avec un verre de thé. Après être retourné dans la salle du fond pour revêtir mon habit de lumière, nous fîmes une sympathique petite séance photo au terme de laquelle ils m’ont gentiment offert un ekmek fraichement sorti du four. De retour sur la route, une longue et pénible étape jusqu’à Goreme m’attendait, l’occasion pour moi de me féliciter d’avoir penser à prendre un petit lecteur mp3… Avec près de 200 kilomètres sans la moindre courbe, pas un soupçons de virages, l’exercice s’est révélé assez pénible, malgré tous les efforts des Rolling Stones, U2 et autre Dire Straits, qui s’enchainaient tour à tour dans mon casque. Enfin, les premières courbures apparurent à quelques kilomètres de ma destination. Arrivée sur Goreme en début de soirée, j’avais juste le temps de profiter des derniers rayons pour monter ma tente au camping Kaya.

Ce petit camping, installé sur un plateau surplombant la vallée rose offre un sympathique panorama. J’y passai trois jours et trois nuits. Les nuits y étaient plus fraiches que ce à quoi je m’étais attendu, et mon léger sac de couchage prévu pour 15 °C m’offrait un confort très limité. C’était assez prévisible au vu des 6 °C relevé dans le tente…. Par chance, un couple de français, profitant d’une petite année sabbatique pour barouder en caravane, eu pitié de moi et me prêta pour ma dernière nuit un duvet plus que bienvenu.

Stitched Panorama

Pendant la journée, quand je n’étais pas à l’abri dans un des cafés attrape-touristes pendant les quelques malheureuses heures de pluies, je délaissai la moto pour me balader dans les nombreuses vallées aux paysages si caractéristiques, avec ces cheminées, ces champignons, ces reliefs qui vous font penser à des montagnes de chantilly et ces maisons troglodytes. Très agréable malgré l’afflux touristique qu’un tel endroit génère naturellement.

Après ces quelques jours entre balades et cafés, et un dernier diner avec mes amis Sanders et Jolyne, il était temps pour moi de reprendre la route en direction du sud vers le parc national d’Ala Daglar. A suivre.


One Comment on “Sur la route des touristes”

  1. 1: Ismail said at 08:19 on May 5th, 2009:

    Bonjour,

    j’habite a 100 m du restaurant karaerler ou vous vous etes changé. On est pas habitué a voir des photos du quartier sur internet …. bonne continuation !