Journée de révision à Adana

Posted: May 11th, 2009 | Author: Alex | Filed under: 02 - Turquie | | Comments Off

2009_04_25 Adana 001.jpg Comme annoncé, je me suis donc réveillé de bonne heure ce matin du 25 avril pour me rendre à Adana. La route fut un véritable ravissement pour les sens: Après avoir grimpée au pied du mont Ala Daglar, la route, par une succession de petits vallons agréablement habillés d’une somptueuse forêt d’arolles, redescendait doucement vers la mer. Malheureusement, arrivé sur le bord de mer, la forêt avait laissé sa place à un triste et vulgaire défilé d’entrepôts et autre bâtiments caractéristiques des zones portuaires qui fleurissaient ici sur la côté méditerranéenne turque.

Après avoir trouvé, non sans mal, la concession Borusan Oto, je fus accueilli par un très sympathique Gürcan Gürsoy dans des locaux totalement dignes des standards de nos concessions européennes. A une nuance peut être, ici était vendu aussi bien des BMW, que des Land Rover (aujourd’hui propriété de l’indien Tata) et des Roll Royce – du moins, en théorie, pour ces dernières. La moto fut rapidement prise en charge et cela me laissait bon espoir de pouvoir reprendre la route rapidement. Ce n’était qu’illusion. Malgré mon arrivée matinale, ce n’est que vers 18h que je pus reprendre la route. Que c’est-il passé entre temps ? Je ne sais pas exactement. Probablement beaucoup de thé, un bon paquet de désorganisation, une sympathique invitation à déjeuner de la part du tout stressé Gürcan – le pauvre n’avait pas la force de manger et préféra enchainer rien de moins que 8 cigarettes pendant le déjeuner – et une rencontre avec un gynécologue turc heureux propriétaire d’une moto BMW, qui allait se révéler pleine de surprises. Enfin, la révision fut faite et bien faite comme j’ai pu l’apprécier en assistant à toutes les étapes de l’opération. En fin de journée, le fameux gyneco – la quarantaine bien tassée, une chevelure grisonnante quelque peu éparse, des yeux virgules tout pétillants, un visage aux traits fins accentué par une petite barbichette lui donnant des airs de savant fou – m’invita à diner avec l’un de ses amis, également fan de belles mécaniques, dans un restaurant chinois en face de la base militaire américaine d’Adana. Impossible de refuser une telle proposition.

Et me voilà à suivre ce bon homme le long des barbelées de l’impressionnante base militaire américaine. On retrouva l’ami en question à quelques centaines mètres de l’entrée de la base au volant de sa … Porsche 911 cabriolet – là, je me suis dit que pour les rencontres, cela avait certains bons côtés de faire sa révision chez BMW plutôt que chez Yamaha… Il était venu nous chercher pour nous permettre de pénétrer dans la zone réservée au personnel militaire and friends. Sorte de mini ville, cette partie de la base est en réalité la zone où les militaires américains peuvent s’offrir quelques sorties. On y trouve quelques bars et autres restaurants, dont un restaurant chinois tenu par des Turcs… 

Après avoir garé nos trois carrosses devant la porte du restaurant, on commença les présentations. Le propriétaire de la Porsche, M. Zereycam – également la quarantaine, une bonne paire de joues surplombée d’un honorable nez, confortablement posé entre deux petits yeux noirs, coiffé d’une coupe toute militaire, l’ensemble donnant un air assez patibulaire au garçon – était donc un militaire américain d’origine turque en charge des « ressources humaines » de la base, en poste à Adana depuis 14 ans et heureux collectionneur de belles mécaniques. Au delà de ce petit cabriolet, M. Zereycam possédait en effet une collection de motos dont son ami le gyneco se ventait de les avoir toutes conduites à leur vitesse maxi… Tout un programme. Pendant tout le diner, je cherchais dans mon esprit à réconcilier certains éléments qui m’apparaissaient contradictoires. A n’en pas douter, une carrière militaire offre en échange des sacrifices qu’elle exige, de riches expériences de vie. Toutefois, cette richesse n’était pas dans mon esprit celle qui permettait l’acquisition de Porsche et autres joujoux mécaniques – on m’aurait donc menti ? Plus tard, au travers de notre conversation, je cru comprendre que M. Zereycam avait aussi une âme «  d’entrepreneur » que ses liens familiaux avec certains locaux lui avaient permis d’exploiter… C’est d’ailleurs chez son neveu que nous rendîmes tous ensemble à la fin du dîner sous une pluie battante.

Ce dernier tenait un hôtel dans la très urbaine Adana. Absent lors de notre arrivée à l’hôtel, il finit par nous rejoindre dans son bureau où nous avions recommencé à boire du thé. La garçon avait un air très ressemblant avec un Stéphane Esher, les cheveux gominés en arrière, que vous auriez gavé aux hormones depuis son plus jeune âge. Le résultat en était presque dérangeant au regard… mais bon, je n’allais pas commencer à critiquer mon hôte pour la nuit. D’ailleurs, je n’étais pas le seul étranger à être hébergé par ce jeune entrepreneur qui semblait avoir bien compris l’intérêt commercial d’une offre enrichie. Son hôtel comptait, au delà de la trentaine de chambres, une petite discothèque au premier étage habitée de charmantes jeunes demoiselles que j’ai eu la chance de croiser dans l’ascenseur. Malheureusement, la fatigue m’obligea à décliner leur invitation pour un verre… pour une autre fois bien sûr.

C’est donc sans grande tristesse que je repris la route tôt le lendemain en direction de Gaziantep où, alléché par son titre de capital du baklava à la pistache, j’avais décidé de passer ma prochaine nuit.


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