La Pamir Highway – part I

Posted: August 5th, 2009 | Author: Alex | Filed under: 06 - Tadjikistan | | 1 Comment »

Malgré les charmes du Pamir Lodge, il n’avait pas été difficile de quitter Khorog ce matin. L’une des plus belles routes du monde m’attendait.

Quelques kilomètres après la sortie de la ville, je tombe sur le dernier check point. Après une rapide revue de mon passeport, le gradé décida que je n’avais pas les autorisations nécessaires pour rejoindre Murghab, la seule ville de l’Est pamirie, que j’avais prévu de rejoindre dans deux jours. J’étais pourtant persuadé du contraire – lors de mon passage, le personnel de l’ambassade de France à Douchanbé les avait justement vérifiées. Alors face à cette malheureuse tentative d’extorsion, je décidai de lui tenir tête:
« Sorry Sir but I believe I do have the permit » lui répondis-je avec tout ce que j’avais d’aplomb.
« No, you don’t, your permit does not mention Murghab » me dit-il en pointant du doigt la page sur laquelle était tamponnée mon permit de passage soit-disant incomplet. Je plongeai alors mon regard dans le sien et lui dit calmement : « Sir, I know I do have the permit ».
Il ne s’attendait probablement pas à une telle résistance. Il se mit alors chercher dans mes yeux un quelconque signe de doute ou d’hésitation. Le gaillard n’avait pas une mauvaise tête. Le visage rond, la coupe fraîche, les joues nourries au plov et un peu serré sous sa chemise militaire, il semblait agir là contre sa nature. Ses 200 dollars par mois n’y étaient probablement pas étranger. Le pauvre n’avait pas la chance de se trouver affecté sur l’axe bien plus juteux des trafiquants acheminant leur cargaison en provenance d’Afghanistan jusqu’à la capitale. Lui devait se contenter des quelques rares et valeureux touristes solitaires et des camionneurs chinois novices ne comprenant rien aux autorisations et autres permis rédigés en cyrilliques qu’il essayait d’abuser. Finalement, tout cela se conclut par un « Okay, you can go » à moitié frustré mais vite suivit d’un franc sourire.

2009_06_12 Pamir1-02 Derrière le check point, la verdoyant vallée de la rivière Gunt m’attendait. Sous un magnifique ciel bleu moucheté de quelques nuages blanc, j’y croise de nombreux petits villages parsemés le long de la route, ou sur l’autre rive. J’aperçois les habitants de ces derniers jouer aux funambules sur des frêles ponts de bois suspendus qui les relient à la route. Chaque personne que je croise, quelque soit son âge, me salut chaleureusement à mon passage. Amicalement, les enfants viennent me taper dans la main, tous fascinés par mon imposante moto. Sur la route, des femmes toutes en couleur étendent de grands tapis pour les laver sur le bitume et les faire sécher au soleil. Quelques troupeaux bloquent parfois la route et je dois alors me frayer un chemin en zigzaguant entre les bêtes sous le regard amusé des bergers. Cette vallée était pleine de charme et savait réserver aux voyageurs un bien bel accueil.

Stitched Panorama

Au fur et à mesure que les kilomètres défilaient, j’approchais du col de Koitezek, à plus de 4200 mètres. J’avais laissé derrière moi le dernier village de Jalondy et petit à petit, la végétation disparaissait et de petits paquets de neige apparaissaient de-ci de -la. Bientôt, il n’y avait autour de moi qu’une terre asséchée par le froid et le vent, tachetée de névés illuminées par un soleil éclatant. Après une succession de lacets, j’atteignis enfin le plateau de col tout en courbure. J’étais alors envahi par cette étrange impression d’atteindre le toit du monde. Je ne pouvais apercevoir aucun signe de vie. Derrière le col, ce sentiment continue de grandir en moi en découvrant un véritable désert d’altitude, un paysage totalement lunaire entouré au loin de sommets enneigés. Il ne se passait rien ici sauf le temps, et l’empreinte humaine ne dépassait pas ce petit filet de bitume perdu dans cet océan de terre aride.

2009_06_14 RoadtoMourghab-01  

Au milieu de ce paysage grandiose, debout sur la moto à plus de cent à l’heure, j’avais quitté terre. A elle seule l’expérience valait les près de 10.000 kilomètres parcourus jusque là. Le voyage pouvait s’arrêter demain que la seule satisfaction d’être venu jusque ici me comblerait de bonheur.

Stitched Panorama

Après 50 kilomètres dans cette immensité, je quittai la route pour un petit chemin de terre s’enfonçant entre deux rangées de petites montagnes dressées comme des lances. Au bout de 16 kilomètres, la piste émerge et atterrit dans la belle vallée du village de Bulunkul, mon abris pour la nuit.

 A suivre…

 


One Comment on “La Pamir Highway – part I”

  1. 1: Cédric said at 15:52 on August 7th, 2009:

    Bon ce n’est pas tout mais on a un gros évènement à célébrer le 12 septembre, il serait temps de penser à rentrer !